POLITIQUE
19/11/2015 01:53 EST | Actualisé 19/11/2015 02:03 EST

Cri du cœur d'une école de francisation : le ministre Blais étudie le dossier (VIDÉO)

QUÉBEC – L’appel à l’aide du directeur général de l’école Alex Manoogian a eu des échos au salon bleu jeudi. Le ministre de l’Éducation étudie une révision du financement pour les écoles privées qui offrent des cours de francisation aux réfugiés.

Sébastien Stasse dénonçait mercredi dans une entrevue au Huffington Post Québec le financement accordé par enfant, soit 133$ par mois. «C’est une vraie farce. Ça ne paie même pas une pour une heure passée avec un spécialiste», disait-il.

Pire, les écoles privées ne reçoivent aucun financement si l’élève s’inscrit après le 30 septembre.

Le dg de cette école privée arménienne de Ville Saint-Laurent, à Montréal, soulignait également que les enfants syriens ont souvent vécu la guerre aux premières loges et nécessitent un suivi psychologique plus important. «Ce sont des enfants qui souffrent de choc post-traumatique, des enfants qui ont vu la guerre, qui ont vu des gens se faire abattre.»

Interpellé en chambre par le critique péquiste en matière d’éducation, Alexandre Cloutier, le ministre Blais s’est dit ouvert à une révision du financement. «Concernant les préoccupations maintenant du directeur d’avoir un peu plus de financement, nous sommes à regarder ses propositions», a répondu le ministre de l’Éducation.

«Jusqu’ici, on n’en sentait pas le besoin puisqu’on avait une formule générale qui convenait aux écoles publiques —je rappelle que c’est une école privée — aux écoles publiques et aux écoles privées, mais on est prêts à regarder la formule de financement pour la faire progresser», a ajouté François Blais.

Quant aux besoins en ressources spécialisées, François Blais affirme que son ministère «est en train d’évaluer les ressources disponibles». «[…] on trouvera les ressources nécessaires pour répondre à leurs besoins», promet-il.

Par ailleurs, le ministre a révélé que le Québec intègre chaque année quelque 13 000 enfants immigrants à son réseau scolaire.

«Donc, les réfugiés syriens vont augmenter, mais de façon pas absolument significative, mais quand même, peut-être de 8% à peu près, le nombre d’élèves que l’on va recevoir dans nos écoles cette année», a-t-il expliqué au salon bleu.

Cette estimation prend seulement en compte les 3 650 réfugiés annoncés par le gouvernement Couillard le 7 septembre dernier, explique l’attachée de presse du ministre. Depuis, le gouvernement Trudeau a demandé au Québec un effort supplémentaire qui devrait faire passer le nombre total à quelque 5 750 réfugiés syriens d’ici le 31 décembre.

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