NOUVELLES
18/11/2015 10:23 EST | Actualisé 18/11/2016 00:12 EST

Tuer les enfants n'était pas un acte de vengeance, plaide l'avocat de Turcotte

Tuer les enfants n'était pas un acte de vengeance contre son ex-conjointe Isabelle Gaston, a soutenu le principal avocat de Guy Turcotte, mercredi,  de la défense. Selon Me Pierre Poupart, c'est ce que la preuve démontre.

« L'histoire de la vie de cet homme-là n'est pas une histoire de violence », a fait valoir le procureur de la défense. « La vengeance? Ça injurie la raison! », a-t-il lancé.

Guy Turcotte était en colère, car son ex-conjointe l'avait trompé avec un autre homme, l'une des raisons qui ont mené à la séparation du couple. Mais la mère des enfants a elle-même témoigné qu'elle n'a pas pensé une seconde qu'il pourrait faire du mal aux enfants, a rappelé le procureur de Guy Turcotte.

Me Poupart est revenu sur l'une des phrases-choc du procès : lorsque Guy Turcotte a dit à Isabelle Gaston, le jour même du double meurtre, le 20 février 2009 : « Tu veux la guerre, tu vas l'avoir! »

Il a expliqué au jury de 11 personnes que cette déclaration faisait manifestement référence à une « guerre économique », comme Mme Gaston l'avait compris. Pour preuve, il fait valoir le fait qu'elle a détruit leurs cartes de crédit plus tard ce jour-là.

« Elle sait que c'est un bon père », a rappelé Me Poupart.

« Faire ça aux êtres qui vous sont les plus chers, ce n'est certainement pas parce que ça va bien dans votre tête! », a dit l'avocat. Pas besoin d'être un grand psychiatre pour conclure ça, a ajouté Me Poupart.

Guy Turcotte a admis avoir causé la mort des deux bambins, mais plaide la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Le procureur a toutefois convenu que le mobile de la vengeance « est séduisant pour toutes les émotions que nous avons tous ». Mais il demande aux jurés, comme la veille, de ne pas tomber dans la facilité.

Me Poupart n'a pas l'intention de plaider l'ivresse de son client

Il a aussi dévoilé une partie de sa théorie de la cause portant sur le moment de la mort des enfants : il soutient que l'accusé a consulté les courriels échangés entre son ex-conjointe et son nouveau copain avant de boire du lave-glace et de poignarder les bambins.

Car s'il avait tué les enfants d'abord, il y aurait eu du sang sur l'ordinateur ou quelque part au rez-de-chaussée ou dans les escaliers.

Or, l'enquête policière ne révèle la présence de sang qu'à l'étage, là où se trouvaient les chambres des enfants. Ils ont tous deux été retrouvés morts dans leur lit.

L'avocat de Guy Turcotte a aussi précisé au jury qu'il n'a pas l'intention de plaider l'ivresse de son client et qu'il aurait commis ces meurtres en raison de sa consommation d'alcool, dans ce cas-ci du méthanol, une substance contenue dans le lave-glace.

La discussion sur le lave-glace ne tend qu'à démontrer que Guy Turcotte voulait se suicider ce soir-là, a-t-il expliqué. Une méthode de suicide loin d'être optimale, a-t-il ajouté. Et un choix absurde pour un médecin qui sait fort bien, de par sa formation, comment mettre fin à ses jours.

L'ex-cardiologue de 43 ans a été accusé du meurtre prémédité de ses deux enfants, Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans.

Il a témoigné avoir voulu s'enlever la vie le soir du 20 février 2009, et avoir bu du lave-glace dans ce but. Puis, « se sentant mourir », il a dit avoir voulu emmener ses enfants avec lui pour leur épargner la souffrance de retrouver son cadavre.

Le jury de 11 personnes a la responsabilité de rendre un verdict dans cette affaire criminelle suivie de très près au Québec.