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18/11/2015 05:21 EST | Actualisé 18/11/2016 00:12 EST

Raqqa: les tirs des derniers jours auraient tué au moins 33 militants de l'ÉI

BEYROUTH — Les frappes aériennes qui se sont intensifiées dans les derniers jours à Raqqa — un bastion du groupe armé État islamique en Syrie — auraient entraîné la mort d'au moins 33 militants extrémistes, selon un groupe militant syrien.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a précisé que la majorité des combattants du groupe avaient été tués lorsque leurs positions ont été bombardées par les avions français et ceux de leurs partenaires de la coalition internationale.

La campagne de frappes aériennes s'est amplifiée dernièrement dans la capitale syrienne autoproclamée du groupe ÉI à la suite des attentats à Paris, qui ont fait 129 morts et 350 blessés et qui aurait été orchestrés par le groupe armé État islamique.

Face à ces tirs nourris, les combattants du groupe armé État islamique rassemblent leurs forces en se réfugiant dans des quartiers peuplés de civils et ils empêchent toute personne de quitter la ville, ont indiqué d'anciens résidants.

Les quelque 350 000 habitants de Raqqa sont terrorisés alors que les bombardements secouent la ville quotidiennement et que l'arrivée des forces kurdes et arabes sur le terrain semble imminente. Certains craignent de rester pris entre deux feux sans pouvoir s'échapper, selon d'anciens civils maintenant réfugiés en Turquie et qui communiquent avec leurs connaissances et des militants qui sont encore là-bas.

Des rebelles établis dans la ville ont indiqué que le groupe a dû accentuer sa défense dès le mois d'octobre, lorsque les Forces démocratiques syriennes ont lancé leur première offensive. À partir de ce moment, les combattants ont interdit aux civils de quitter la ville et ils ont réitéré leur ordre dans les derniers jours.

D'ailleurs, pour éviter de se faire toucher dans leurs bases, les combattants ont fui vers des quartiers résidentiels, où ils se sont établis dans des maisons abandonnées. Le groupe a aussi mis en place plusieurs mesures pour éviter de se faire repérer par les troupes ennemies.

Depuis des mois, les forces kurdes et arabes avancent graduellement vers Raqqa, soutenus par les tirs aériens de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Dans la foulée des attaques dans la capitale française, le président François Hollande semble déterminé à intensifier les opérations en Syrie et il a fait appel à ses partenaires européens pour l'aider.

Un représentant des services de renseignements irakiens a confié cette semaine à l'Associated Press que les attaques de Paris ont été méticuleusement préparées à Raqqa, où les assaillants ont été entraînés pour perpétrer l'attentat en France. Le drame est survenu peu de temps après l'écrasement d'un avion russe en Égypte et des attentats-suicides au Liban et en Turquie.

Le secrétaire d'État des États-Unis, John Kerry, a également laissé entendre que la coalition concentrerait ses énergies sur Raqqa. «Avec l'attaque au Liban, avec ce qui s'est passé en Égypte, à Ankara, en Turquie, et avec les attentats à Paris maintenant, nous devons intensifier nos efforts pour les frapper dans leur noyau, où ils planifient leurs attaques», a-t-il déclaré mardi, après avoir rencontré le président français.

Raqqa est contrôlée par les extrémistes depuis le début de l'année 2014. S'ils perdaient cette ville, ce serait un «revers majeur» et le «début de fin» pour le groupe, selon le militant Mustafa Bali, ajoutant toutefois que ce serait une «guerre importante et longue».