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17/11/2015 23:57 EST | Actualisé 17/11/2016 00:12 EST

Pologne: le président gracie l'ancien chef des services spéciaux

Le président polonais Andrzej Duda a gracié l'ancien chef du Bureau central anticorruption (CBA) Mariusz Kaminski, condamné à trois ans de prison pour avoir outrepassé ses compétences, mais nommé ministre coordinateur des services spéciaux dans le nouveau gouvernement conservateur.

M. Kaminski est une personnalité politique très controversée, représentant, aux yeux de l'opposition libérale, les tendances autoritaires au sein du parti au pouvoir Droit et Justice de Jaroslaw Kaczynski.

M. Kaminski avait fait appel de sa condamnation, qui comprenait aussi une interdiction d'exercer des fonctions publiques pendant dix ans, et était donc présumé innocent, ce qui a permis sa nomination au gouvernement.

Les faits qui lui étaient reprochés portaient sur une provocation policière censée montrer que des hommes politiques de premier plan acceptaient des pots-de-vin pour convertir des terres agricoles en terrains constructibles.

Un des collaborateurs du chef de l'Etat, Andrzej Dera, a expliqué que M. Duda considérait que toute l'affaire, quelle que soit la décision judiciaire finale, "avait un fond politique" et qu'il souhaitait "y mettre fin une fois pour toutes".

Des juristes experts ont pointé un problème: selon eux, le président ne peut gracier quelqu'un qui n'est pas condamné et qui est donc présumé innocent.

Mais le nouveau ministre de la Justice Zbigniew Ziobro, lui aussi considéré comme un conservateur "dur" a affirmé que la Constitution ne limitait pas les compétences du président aux personnes condamnées définitivement.

La grâce accordée à M. Kaminski s'inscrit dans une dynamique esquissée par le parti Droit et justice, vainqueur aux législatives du 25 octobre et majoritaire dans les deux chambres du Parlement.

Ainsi, le président Duda, qui est issu du même parti, a refusé d'accepter la prestation de serment de cinq nouveaux juges de la Cour constitutionnelle, élus par l'ancien parlement où les libéraux de la Plateforme civique (PO) étaient majoritaires. Leur élection, intervenue peu de temps avant le changement de majorité, était aux yeux du parti contraire aux bonnes moeurs politiques.

Une autre décision du parti a supprimé l'alternance entre la majorité et l'opposition à la tête de la commission parlementaire chargée des services spéciaux qui sera désormais présidée par un député du parti.

via/sw/jh