DIVERTISSEMENT
18/11/2015 08:36 EST | Actualisé 19/11/2015 09:53 EST

Une année de fou pour Philippe Brach (ENTREVUE)

JFCYR

Philippe Brach a connu toute une année pour un auteur-compositeur-interprète en début de carrière. Certains avaient peut-être découvert la bibitte saguenéenne à la sortie du premier disque La foire et l’ordre, mais c’est définitivement l’album Portraits de famine (paru en septembre 2015), réalisé par Louis-Jean Cormier, qui l’a mis sur la mappe. Même que l’ADISQ l’a souligné en lui attribuant le Félix de la Révélation. Si l’Association de l’industrie le dit… Rencontre avec ce jeune homme flyé qui semble pourtant bien ancré dans le réel.

On l’a vu et entendu, Philippe a définitivement un côté givré. L’extrême dans la présentation de soi (costumes, improvisation, incarnation de divers personnages) tout comme dans les paroles de ses chansons. Dès ses participations à Cégeps en spectacle et autres Francouvertes de ce monde, il a fait de l’esbroufe et de l’éclaté. Au point de rebuter quelques mélomanes au passage…

Le titre Né pour être sauvage, du dernier album, est d’ailleurs fort éloquent : « C’est confus, c’est fou, c’est con », chante Philippe Brach. Les arrangements habillent l’histoire d’un gars au bord de l’implosion. Puis, finalement, ça explose. C’est déjanté, farouche et franchement singulier. Même constat pour le morceau Crystel (moins pété), sur lequel la voix est d’attaque. Les violons ajoutent aussi un tantinet de folie à cet amour qui ne sort pas de « l’angle mort ». Sans aucun doute, l’homme est à l’image de ses compositions. Pourtant…

À la table du café Flocon situé sur l’avenue Mont-Royal, le chanteur-musicien est posé et ce qu’il raconte a bien du sens. Il a déjà un parcours enviable aux yeux de bien des jeunes artistes et ne donne pas l’impression de tout échapper. Au contraire, l’expérience du milieu musical semble avoir dilué un peu son gaz. Même dans sa rencontre avec Louis-Jean Cormier, il a compris qu’il avait besoin d’équilibre.

« Après avoir fait quelques premières parties de son spectacle, j’ai vu qu’en terme de personnalité, ça se pouvait de travailler ensemble, raconte Brach au sujet de sa collaboration avec le populaire chanteur et réalisateur. Avant même que ce soit un multi-instrumentiste et un artiste respecté, je voulais quelqu’un qui est à l’aise de partager son opinion, car j’ai une esti de tête de cochon ! »

La rentrée montréalaise

Quant à la transposition sur scène des 15 chansons que renferme l’opus Portraits de famine, Philippe Brach affirme qu’il n’a pas éprouvé une grande difficulté à passer d’un univers à l’autre. « Pour l’enregistrement de l’album, je n’ai pas pensé au show du tout. Je savais qu’on serait probablement quatre musiciens en spectacle. J’ai assumé rapidement qu’on ferait une version plus garage et électrique en salle. On n’essayera pas de mettre plein de couches. Je n’aime pas non plus les séquenceurs. Donc, on va faire tout ce qu’on peut [...] Entre les chansons, je jase pas mal. Je présente les tounes. Je dis beaucoup de marde aussi (rires). C’est ce qui rend le show unique, je trouve. Ça fait 14 ans que je fais de l’improvisation théâtrale. J’ai assez confiance, mais j’ai des canevas quand je ne sais pas trop où aller… »

Questionné au sujet des personnages qu’il a incarnés au fil du temps (il faut voir la vidéo promotionnelle impliquant l’acteur Guy Richer dans le rôle de l’animateur d’une émission télé dédiée à la musique), Brach admet qu’il a pu sembler s’éparpiller depuis ses débuts : « C’est un peu what the fuck, j’avoue. J’aime l’idée de partir sur des chires. J’adore provoquer des moments de malaise. Parfois, ça va trop loin. Anyway, les personnages, c’est fini. Ce buzz est allé au boutte du boutte. Je suis passé à autre chose. Je vais probablement être costumé sur la scène pour le nouveau show, mais autrement…»

Ce nouveau show, dans lequel seront présentées ses plus récentes chansons, a été présenté pour une première fois au café culturel La Chasse-galerie de Lavaltrie, le 6 novembre. Après Saint-Jérôme, Philippe Brach fera sa rentrée montréalaise, le 19 novembre, au National.

« C’est assez fucké de faire la rentrée en ayant seulement fait quatre spectacles, commente-t-il. En même temps, c’est un gros trip. En plus du band habituel, on va faire le show montréalais avec les cordes (musiciens impliqués sur l’enregistrement de l’album). On va être pratiquement dix musiciens (Philippe Brach et Guillaume Bourque aux guitares, Pierre-Olivier Gagnon à la basse, David Couture à la batterie, Gabriel Desjardins au piano ainsi que le Quatuor Orphée aux violons) sur scène. C’est le spectacle qui sera le plus proche de l’album, ajoute-t-il. À moins que l’on fasse un show cet été aux FrancoFolies, dit-il un sourire en coin. J’aurais aimé faire la même chose à Québec, mais ce n’est pas possible. Ça coûte trop cher. »

Peu importe, le chanteur - qui a offert environ 80 spectacles au cours des deux dernières années - se retrouve avec pratiquement autant de dates confirmées pour les mois à venir. On peut aisément affirmer qu’il dépassera la centaine de concert pour sa nouvelle tournée. Il n’y a pas à en douter, 2015 est une année folle pour Philippe Brach.

Philippe Brach - en rentrée montréalaise au National, jeudi le 19 novembre.

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