POLITIQUE
18/11/2015 04:26 EST | Actualisé 18/11/2015 10:13 EST

Négos : « On est à des années lumière de nous entendre », dit Coiteux (VIDÉO)

C'est sans ambages que le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, rejette la contre-proposition faite mercredi par le Front commun qui représente 400 000 employés du secteur public.

Certes, Martin Coiteux salue l'ouverture manifestée par les syndicats, qui ont décidé de reporter leurs journées de grève, prévues les 1, 2 et 3 décembre, « pour laisser toute la place à la négociation ».

Toutefois, pour le président du Conseil du Trésor, les syndicats ont fait la « sourde oreille » aux demandes du gouvernement. Oui, ils ont bougé, reconnaît le président du Conseil du Trésor, « mais encore faut-il qu'on bouge de manière significative, et ce n'est pas le cas aujourd'hui ».

« Il y a urgence à comprendre qu'il y a urgence à régler. »

— Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor du Québec

Un minimum syndical innaceptable pour Coiteux

Plus tôt en après-midi, mercredi, le Front commun avait rendu publique sa contre-offre par laquelle il demande au minimum 6,9 % d'augmentation de salaire sur trois ans.

La contre-proposition des syndicats se détaille comme suit :

  • l'indexation des salaires en fonction de l'indice des prix à la consommation, minimalement 1 %;
  • 1 % de rattrapage par année pour chacune des trois années (et 0,5 % par année si la croissance du PIB est supérieure à 1 %).

« À l'heure actuelle, en fonction des données confirmées par Statistique Canada, une inflation de 1,4 % et une croissance du PIB de 1,5 %, nous pouvons affirmer que pour l'année 2015, la majoration serait de 2,9 %. »

— Le Front commun composé de la CSN, de la FTQ et du SISP

Depuis le début de la négociation, les syndicats réclamaient des augmentations de 4,5 % par année pendant trois ans.

Une loi spéciale au début de la nouvelle année?

Rappelons que l'offre du Conseil du Trésor s'étale, elle, sur cinq ans et comporte deux années de gel et trois années avec des augmentations salariales limitées à 1 % par année.

Et mercredi, Martin Coiteux ne s'est pas montré disposé à en déroger. À ses yeux, cette contre-proposition est irrecevable. « C'est un prix qui est trop élevé », dit-il. Sans brandir ouvertement la menace de l'imposition d'une loi spéciale, le président du Conseil du Trésor affirme qu'il y a une « impasse ».

Citant le premier ministre Philippe Couillard, Martin Coiteux dit qu'« on ne peut pas avancer bien longtemps dans l'année 2016 avant d'en arriver à une entente ».

Philippe Couillard, de son côté, n'envisage pas de loi spéciale : Il n'est pas question de ça, a-t-il affirmé à l'occasion d'une conférence de presse portant sur la présentation d'un programme destiné à lutter contre l'intimidation. Actuellement, moi, je travaille pour avoir une entente négociée ».

« Le fait que les syndicats veuillent engager une conversation avec une contre-offre et qu'ils s'assoient à la table, c'est bien. Mais il faut qu'on reste dans les paramètres qui mènent à une entente. »

— Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Le président du Conseil du Trésor affirme que le négociateur du gouvernement va rencontrer les chefs syndicaux de manière intensive dans les jours à venir. Des jours de négociation qui vont s'avérer « cruciaux », spécifie Martin Coiteux.

La relativité salariale et la retraite

Dans la contre-proposition présentée mercredi au gouvernement, le Front commun annonce qu'il veut poursuivre les travaux sur les questions de la relativité salariale.

En ce qui a trait à la retraite, les syndicats disent être prêts à mettre de l'avant des mesures incitatives plutôt que les mesures coercitives préconisées par le gouvernement. Ce qui, aux yeux de Martin Coiteux, signifie que le Front commun « ne ferme pas complètement la porte à revoir le plan de retraite ».

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