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17/11/2015 19:33 EST | Actualisé 17/11/2016 00:12 EST

Migrants cubains bloqués au Costa Rica: La Havane souhaite une "solution rapide"

Le gouvernement cubain a appelé de ses voeux mardi une "solution rapide et adéquate" au sujet de près de 2.000 Cubains bloqués à la frontière entre le Costa Rica et le Nicaragua alors qu'ils cherchent à rejoindre les Etats-Unis.

Depuis la fin de la semaine dernière, ces Cubains arrivés récemment au Costa Rica et souhaitant voyager par la route en direction du nord sont empêchés de traverser la frontière avec le Nicaragua par les autorités de ce pays.

Le Nicaragua, qui a refoulé ce week-end plusieurs centaines de Cubains vers le Costa Rica, accuse son voisin du sud de vouloir violer sa souveraineté en encourageant les migrants à pénétrer sur son sol, alors que San José critique vivement Managua pour avoir récemment militarisé sa frontière.

Le Nicaragua et le Costa Rica sont coutumiers de querelles frontalières.

Dans sa première réaction depuis le début de cette dispute frontalière, La Havane a indiqué être "en contact permanent" avec les autorités des deux pays, "avec l'objectif de trouver une solution rapide et adéquate, qui prend en considération le bien-être des citoyens cubains".

Selon les autorités cubaines, "ces personnes sont sorties de Cuba légalement vers différents pays d'Amérique latine. En tentant de rejoindre le territoire des Etats-Unis, elles se sont converties en victimes de trafiquants (...) qui tirent profit sans scrupules du contrôle du passage de ces personnes par l'Amérique du Sud, l'Amérique centrale et le Mexique", indique encore ce texte du ministère des Affaires étrangères.

Cuba précise encore que les voyageurs sortis légalement "ont le droit de revenir à Cuba s'ils le souhaitent".

Pour sortir de cette crise, San José plaide pour la mise en place d'un "couloir humanitaire" afin de permettre aux Cubains de remonter vers le nord, alors que le Panama voisin s'est dit disponible pour "contribuer à trouver une solution".

Dans son communiqué publié mardi soir, La Havane a une nouvelle fois pointé du doigt la politique migratoire américaine, dite des "pieds secs, pieds mouillés", qui prévoit l'accueil des migrants Cubains qui foulent le sol américain, et leur rapatriement s'ils sont interceptés en mer.

Cette politique jugée fortement incitative "entrave la normalisation des relations migratoires entre Cuba et les Etats-Unis et créent des problèmes à d'autres pays", ont estimé les autorités cubaines.

Cet épisode survient alors que le rapprochement en cours entre La Havane et Washington provoque depuis plusieurs mois une vague migratoire de Cubains, inquiets de ne bientôt plus bénéficier de facilités d'entrée sans visa aux Etats-Unis.

Une grande partie d'entre eux traversent l'Amérique centrale pour tenter de rejoindre l'eldorado américain. Leur point de départ est généralement l'Equateur, seul pays latino-américain qui ne leur demande pas de visa et vers lequel il existe de nombreux vols commerciaux.

ag/tll