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18/11/2015 09:27 EST | Actualisé 18/11/2016 00:12 EST

La méfiance s'étend à tout le sport russe

Les tests antidopage réalisés aux Jeux d'hiver de Sotchi sont, au mieux, suspects, et au pire, totalement faux. C'est une des informations divulguée dans le rapport de Richard Pound la semaine dernière.

C'est ce qu'a appris le président de la Fédération américaine de biathlon, Max Cobb, en lisant le rapport présenté au comité exécutif de l'Agence mondiale antidopage (AMA), mardi, à Colorado Springs.

« Ça suscite d'importantes questions », a-t-il expliqué à l'Associated Press. 

Rappelons que la Russie a mené tous les pays avec une récolte de 33 médailles à ses Jeux d'hiver en 2014.

Max Cobb n'est pas le seul à exprimer ses préoccupations. Un athlète olympique ayant participé aux JO a envoyé une lettre à un représentant de l'AMA mardi pour lui demander d'étendre l'enquête à tous les sports russes.

« Une enquête exhaustive, portant sur les tests antidopage qui se sont révélés positifs chez les athlètes russes, devrait être effectuée dans TOUS les sports », pouvait-on lire dans la lettre transmise à l'Associated Press, à condition que le nom de l'athlète et son pays d'origine ne soient pas divulgués.

Cet athlète réagissait ainsi à la publication d'une partie du rapport, présentée en conférence de presse le 9 novembre.

Superviser les programmes russes

Ce rapport stipule que la Russie n'est pas le seul pays aux prises avec des problèmes antidopages, et que l'athlétisme n'est pas la seule discipline touchée par ce problème.

« Nous avons été aussi clairs que possible, a expliqué l'avocat montréalais, qui a rencontré le comité exécutif de l'AMA mardi. La moindre personne qui suit le dossier saura exactement de quoi on parle. »

Le pays a assuré vouloir procéder à un grand ménage dans son programme antidopage et dans sa fédération d'athlétisme, mais Max Cobb estime qu'on ne peut s'attendre à ce que la Russie fasse le travail elle-même.

« Certes, ils peuvent s'impliquer, a dit Cobb. Mais le processus doit être plus indépendant. »

Certains dirigeants de l'AMA souhaitent que des agences antidopage étrangères supervisent les programmes russes ainsi que le processus de réforme. Ils ont aussi indiqué qu'ils souhaitaient prendre des moyens plus énergiques pour éliminer les scandales de dopage.

Le budget de l'AMA est d'environ 26 millions de dollars américains par an, la moitié provient du Comité international olympique (CIO) et l'autre des divers gouvernements à travers le monde. 

La commission d'enquête dirigée par Richard Pound a été la première du genre à l'AMA, depuis la création de l'agence en 1999.

Il a qualifié les recommandations contenues dans le rapport de « véritables mesures dissuasives ». Notamment celle demandant que la Fédération russe d'athlétisme soit bannie des Jeux de 2016 à Rio.

L'AMA aura un nouveau directeur

L'AMA aura un nouveau directeur général à partir de juillet 2016. Il s'agit du Suisse Olivier Niggli, avocat spécialisé dans le droit du sport.

Olivier Niggli succédera au Néo-Zélandais David Howman, en poste depuis août 2003.

Le Suisse est actuellement directeur des opérations et avocat général de l'AMA, après en avoir été de 2001 à 2011 le directeur des affaires juridiques et le directeur financier.