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18/11/2015 03:05 EST | Actualisé 18/11/2016 00:12 EST

L'assaut de Saint-Denis visait le principal suspect derrière les attaques de Paris

La principale cible des policiers, lors de l'assaut donné contre un appartement de Saint-Denis, en France, était l'organisateur présumé des attaques terroristes menées vendredi dernier à Paris : le Belge Abdelhamid Abaaoud.

Petit délinquant ayant grandi dans le quartier multiethnique de Molenbeek, à Bruxelles, l'homme aujourd'hui âgé de 28 ans est devenu une figure de proue de la propagande djihadiste du groupe armé État islamique (EI). Il a même embrigadé son petit frère de 13 ans, Younes, au sein de l'EI.

Connu sous le nom de Abou Omar al-Baljiki au sein de l'EI, Abaaoud s'est rendu combattre en Syrie en 2013. Il s'est vanté d'avoir réussi à déjouer les services de sécurité occidentaux en faisant des aller-retour entre la Belgique et la Syrie pour organiser des attaques dans son pays d'origine.

Fils d'immigrants marocains, Abaoud serait également à l'origine d'attentats en France. L'une de ces attaques, dirigées contre un train à grande vitesse (TGV), entre Paris et Amsterdam en août dernier, avait été déjouée par l'intervention de trois jeunes Américains.

L'autre attaque organisée par le terroriste belge visait une église de la banlieue parisienne de Villejuif. L'attaque a échoué lorsque le terroriste s'est apparemment tiré une balle dans une jambe avant d'appeler la police.

Abaaoud a fréquenté l'une des plus prestigieuses écoles secondaires de Bruxelles avant de se radicaliser au point de devenir l'une des principales figures francophones de la propagande djihadiste de l'EI. « Toute ma vie, j'ai vu le sang de musulmans coulés », déclarait Abaoud dans une vidéo diffusée en 2014. « Je prie pour qu'Allah brise le dos de ceux qui s'opposent à sa volonté, à ses soldats et à ses admirateurs et afin qu'il les extermine. »

Abaaoud est également soupçonné d'avoir aidé à l'organisation et au financement d'une cellule terroriste dans la ville de Verviers. Cette cellule a été démantelée lors d'une descente policière le 15 janvier dernier au cours de laquelle deux de ses présumés complices ont été tués.

Au cours des derniers mois, Abaaoud avait été la vedette d'un reportage d'une publication anglophone de l'EI, le magazine Dabiq. Il s'y était vanté d'avoir réussi à gagner la Belgique, déjouant les services de sécurité occidentaux, afin d'y organiser une cellule terroriste, avant de regagner la Syrie malgré le fait que sa photo soit diffusée dans tous les bulletins de nouvelles européens.

« J'ai même été arrêté par un agent qui m'a observé tout en me comparant à la photo, mais il m'a laissé partir ne remarquant pas la ressemblance », avait-il déclaré.

La banlieue bruxelloise de Mollenbeek, où il a grandi, est depuis longtemps considérée comme une pépinière pour le recrutement de combattants étrangers de l'EI en Irak et en Syrie.

Deux journalistes indépendants se sont rendus à la frontière entre la Turquie et la Syrie où ils ont obtenu des photos et une vidéo le montrant chargeant une camionnette et une remorque avec des cadavres ensanglantés.

« Auparavant nous transportions des motomarines et des motocyclettes pour des vacances au Maroc », déclarait-il à la caméra. « Maintenant, grâce à dieu, suivant la voie de dieu, nous transportons des apostats et des infidèles qui nous combattent. »

Selon les deux journalistes, le djihadiste belge prenait du galon dans les rangs de l'EI en Syrie.