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18/11/2015 13:49 EST | Actualisé 18/11/2016 00:12 EST

France: après un assaut spectaculaire, incertitude sur le sort du cerveau présumé des attentats

Le sort du cerveau présumé des attentats de Paris, le Belge Abdelhamid Abaaoud, visé par un assaut spectaculaire des policiers mercredi matin en banlieue parisienne, restait incertain dans la soirée, les suspects tués dans cette opération n'ayant pas été encore identifiés.

Explosions, tirs nourris de "plus de 5.000 munitions", snipers sur les toits: les habitants du centre de Saint Denis, au nord de Paris, ont été réveillés bien avant l'aube par une véritable scène de guerre.

A l'issue de ces sept heures d'opérations, menées par une centaine de policiers d'élite, "une nouvelle équipe de terroristes a été neutralisée et tout laisse à penser (...) que ce commando pouvait passer à l'acte", a déclaré à la presse le procureur de Paris, François Molins, en charge de l'enquête.

L'assaut a été lancé à la suite d'un témoignage lundi "faisant état de la présence d'Abaaoud sur le territoire français", a précisé le procureur.

Petit délinquant bruxellois, cet homme de 28 ans est parti en 2013 en Syrie, où il est devenu l'un des visages de la propagande de l'Etat islamique (EI) sous le nom d'Abou Omar al-Baljiki ("le Belge"). Il s'était illustré fin 2014 par un aller-retour en Europe à la barbe des services de renseignement, pour y préparer des attentats finalement déjoués.

A Saint-Denis, les forces antiterroristes se sont heurtées à une forte résistance. Une explosion a retenti pendant l'assaut, attribuée par les forces de l'ordre à une femme kamikaze qui a fait détonner son gilet, un point qui "demande à être vérifié", selon le procureur.

L'opération, qui a paralysé le quartier, s'est déroulée à moins d'un kilomètre du Stade de France, l'une des cibles des attaques revendiquées par l'EI et qui ont fait 129 morts et 352 blessés vendredi soir.

Au moins deux suspects sont morts: la femme kamikaze et un homme, dont le corps "criblé d'impact a été découvert dans les décombres de l'immeuble", selon François Molins, qui n'a pu communiquer "ni le nombre définitif ni les identités des personnes décédées".

Seule certitude, selon le procureur: ni Abaaoud ni Salah Abdelslam, l'un des auteurs des attentats en cavale, ne figurent parmi les huit personnes arrêtées.

- 'On commence' -

En cinq jours d'enquête, les policiers sont parvenus à reconstituer le scénario des attaques du 13 novembre.

Trois équipes coordonnées composées de neuf hommes au total: trois kamikazes aux abords du Stade de France, trois dans la salle de spectacles du Bataclan, dans l'est de Paris, et trois assaillants pour les terrasses de bars et restaurants du même quartier.

Juste avant l'assaut du Bataclan, l'un d'eux a envoyé un SMS disant "on est parti, on commence", à partir d'un téléphone portable ensuite retrouvé dans une poubelle, a révélé le procureur.

Sur les sept kamikazes, quatre ont été identifiés: il s'agit de Français, dont au moins trois ont combattu en Syrie. Reste notamment à mettre un nom sur un homme auprès duquel a été retrouvé un passeport syrien à l'authenticité douteuse.

Deux assaillants manquent toujours à l'appel. A commencer par Salah Abdeslam, frère d'un des kamikaze, Brahim Abdeslam. Ce délinquant de 26 ans est activement recherché, notamment en Belgique.

Le dernier assaillant pourrait lui aussi être en cavale. A moins qu'il ne s'agisse d'un des deux hommes arrêtés à Bruxelles et soupçonnés d'avoir exfiltré Salah Abdeslam vers la Belgique après les tueries.

Deux autres jihadistes français sont dans le viseur des enquêteurs: Fabien Clain, 37 ans, et son frère Jean-Michel Clain, dont les voix figurent sur l'enregistrement sonore de revendication des attentats au nom du groupe Etat islamique.

- Pétrole -

Désireuse de muscler ses frappes en Syrie contre l'EI, la France a envoyé le porte-avions français Charles de Gaulle pour la Méditerranée orientale, où il devrait arriver en fin de semaine.

Pour le troisième jour consécutif, des bombardements français ont visé mardi Raqa, fief syrien de l'organisation jihadiste, également la cible de frappes russes. Les bombardements des deux pays au cours des dernières 72 heures ont causé la mort de 33 jihadistes de l'EI, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Après les Français et les Américains, les Russes ont annoncé qu'ils allaient frapper des cibles liées au pétrole, principale ressource financière de l'EI, en l'occurence des camions-citernes.

En France, le gouvernement a présenté un projet de loi pour prolonger de trois mois l'état d'urgence. Ce dispositif exceptionnel a permis de multiplier les opérations de police dans les milieux islamistes, avec plus de 400 perquisitions et 60 interpellations en trois jours.

Le gouvernement a décidé mercredi "de ne pas autoriser" les manifestations prévues le 29 novembre et le 12 décembre, à l'occasion de la COP21, la conférence de l'ONU sur le climat qui s'ouvre le 30 novembre au Bourget, près de Paris.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a confirmé mercredi sa présence à ce sommet où sont attendus plus de 100 chefs d'Etat et de gouvernement.

Critiqué par son principal opposant - l'ex-président de droite Nicolas Sarkozy qui a déploré "trop de temps perdu" - le président socialiste François Hollande a appelé ses concitoyens à ne pas céder "à la peur".

Dans la soirée, un professeur d'une école juive a été agressé à Marseille, deuxième ville du pays. Ses agresseurs "ont exhibé un tee-shirt à l'effigie de Daech (Etat islamique, ndlr)", a notament précisé le procureur de la République de Marseille.

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