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18/11/2015 03:29 EST | Actualisé 18/11/2015 04:27 EST

«Félix et Meira»: Giroux ne se berce pas d'illusion (VIDÉO)

Courtoisie

Candidat du Canada dans la course aux Oscars, Félix et Meira de Maxime Giroux a reçu un accueil poli mais sans excès d’enthousiasme mardi à Los Angeles, où il a été projeté devant des membres de la communauté juive.

«Quand c’est avec la communauté juive, c’est toujours très spécial », a commenté le réalisateur québécois après s’être livré à une séance de questions-réponses aux côtés de l’acteur Luzer Twersky avec l’auditoire réuni dans une salle du Museum Of Tolerance, à la Plaza Simon Wiesenthal.

Twersky, un juif hassidique « défroqué » qui joue le rôle du mari de Meira dans le film, a même été chahuté lorsqu’il a comparé l’oppression que vivent les membres de la communauté hassidique à celle que subissent les adeptes de la Scientologie.

« Ce n’est pas sans similitude, a soulevé l’acteur originaire de Brooklyn sans paraître démonté par la réaction du public. Vous perdez tous ce que vous avez si vous quittez, c’est l’excommunication ».

« C’est un sujet délicat », a pour sa part reconnu le réalisateur de 39 ans, qui a travaillé deux ans et demi sur le projet en compagnie de son collaborateur Alexandre Laferrière.

Malgré toutes les précautions prises par les auteurs, le film ne verse jamais dans la caricature ou dans la dichotomie «bon-méchant». Félix et Meira est anathème auprès de la communauté hassidique.

« On a essayé d’amener le sujet auprès des responsables de la communauté à Montréal et ils ont condamné le film sans même le regarder. Ils n’écoutent pas notre musique, ils ne regardent pas notre télévision, ils ne regardent pas le cinéma. Ils ont leur propre culture, complètement fermée au reste du monde », a soulevé le cinéaste.

Du reste, l’idée n’était pas de faire un film sur l’orthodoxie ou l’intégrisme religieux, a-t-il précisé, mais plutôt sur l’émancipation d’une jeune femme écrasée sous le poids de la tradition, Meira, interprétée par Hadas Yaron.

Mariée et mère d’une petite fille, Meira retrouvera le chemin de la liberté aux côtés de Félix (Martin Dubreuil), un ado attardé, sans attache, à la dérive.

« C’est un être perdu, un nihiliste, privé du sens de la famille, du sens des responsabilités, pour moi, c’est le Québec d’aujourd’hui », a illustré le réalisateur au sujet du personnage en entrevue avec le Huffington Post.

« Les Québécois sont complètement perdus en ce moment, comme le personnage, a-t-il poursuivi. D’un côté, nous avons une communauté (hassidique) très ancrée dans la tradition et de l’autre, nous avons des Québécois qui se foutent de la famille, qui se foutent de leur identité culturelle, qui se foutent de leur langue. »

La projection de mardi était la deuxième à être présentée à Los Angeles devant un auditoire trié sur le volet parmi lequel se trouvaient des membres votants de l’Académie en prévision de la 88e cérémonie des Oscars, le 28 février 2016.

Giroux, qui en est à son troisième opus, ne se fait pas d’illusion pour la suite des choses, tant la compétition est féroce.

« Je ne pense pas qu’on va gagner, il y a de très bons films en compétition et il y a beaucoup de hasard qui entre en ligne de compte, a-t-il avoué. On verra, c’est comme la Coupe Stanley, ce n’est pas toujours la meilleure équipe qui gagne ».

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