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17/11/2015 23:27 EST | Actualisé 17/11/2016 00:12 EST

Cambodge: le chef de l'opposition, menacé d'arrestation, dénonce un "coup d'Etat constitutionnel"

Le chef de l'opposition parlementaire cambodgienne Sam Rainsy, menacé d'arrestation sitôt le pied posé au Cambodge, a comparé mercredi les poursuites lancées contre lui à un "coup d'Etat constitutionnel".

"Les dernières initiatives du CPP (le parti au pouvoir du Premier ministre Hun Sen) représentent un coup d'Etat constitutionnel", a écrit sur sa page Facebook Sam Rainsy, également détenteur d'un passeport français.

Après avoir renoncé à rentrer au Cambodge lundi, l'adversaire numéro un de Hun Sen, au pouvoir depuis trente ans se trouve toujours à l'étranger, en France selon des sources au sein de son parti.

Dans cette première réaction personnelle depuis l'annonce d'un mandat d'arrêt contre lui la semaine dernière, Sam Rainsy met en garde contre les "conséquences politiques" de ce qu'il perçoit comme une déclaration de guerre du régime.

Depuis son retour au Cambodge pour participer aux législatives de juillet 2013, c'est la première fois que l'opposant est obligé de reprendre le chemin de l'exil pour fuir la prison.

Après avoir manifesté contre la victoire, truquée selon lui, du parti au pouvoir aux élections de 2013, Sam Rainsy avait réussi à manoeuvrer habilement, acceptant finalement de siéger au parlement avec son parti et d'amorcer à l'été 2014 un dialogue avec Hun Sen.

A l'origine du "déraillement du processus démocratique" que constitue selon Sam Rainsy sa menace d'arrestation: son appel la semaine dernière depuis le Japon à une transition pacifique sur le modèle de la Birmanie, où l'opposante Aung San Suu Kyi vient de remporter des législatives historiques, après trente ans d'opposition.

Les inquiétudes internationales se sont multipliées ces derniers jours autour de son cas, du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à la France.

Le mandat d'arrêt contre Sam Rainsy, sa destitution de son siège de député, son immunité levée, sont autant de signaux "préoccupants", selon Nicolas Baudouin, porte-parole de l'ambassade de France à Phnom Penh.

La vieille affaire de diffamation en question, dans laquelle Sam Rainsy a été condamné à deux ans de prison, date de 2011. Il avait accusé le ministre des Affaires étrangères de Hun Sen d'avoir été un cadre khmer rouge.

suy-dth/jh