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17/11/2015 20:50 EST | Actualisé 17/11/2016 00:12 EST

Attentats: la traque continue, Paris veut une coalition unique anti-Etat islamique

Cinq jours après les attentats meurtriers de Paris, la police française, qui recherche un suspect-clé, donnait l'assaut mercredi en banlieue parisienne, alors que la France veut bâtir une coalition avec les Etats-Unis et la Russie pour "détruire" le groupe Etat islamique (EI).

Mercredi matin vers 04H30 (03H30 GMT), la police antiterroriste a lancé une opération dans la ville de Saint-Denis, au nord de Paris, dans le cadre de l'enquête sur les attentats revendiqué par l'EI, selon des sources policières et judiciaires.

D'après ces sources, plusieurs policiers ont été blessés lors de l'assaut contre un appartement dans lequel étaient retranchés plusieurs hommes, sans que l'on sache qui recherchent exactement les enquêteurs.

L'opération était toujours en cours à 06H15 (05H15 GMT), ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les attentats de vendredi soir à Paris, revendiqués par les jihadistes de l'EI, ont fait 129 morts (dont 117 ont été identifiés) et 352 blessés (221 encore hospitalisés, dont 57 en réanimation).

Salah Abdeslam, 26 ans, soupçonné d'avoir mitraillé des terrasses de cafés et restaurants parisiens avec son frère Brahim Abdeslam, qui s'est fait exploser, est toujours en fuite et activement recherché, notamment en Belgique où les attaques ont été organisées, selon les autorités.

Les enquêteurs disposent d'une vidéo accréditant l'existence d'un troisième assaillant dans leur commando, qui circulait à bord d'une Seat noire.

- Le kamikaze au passeport syrien -

Il pourrait être lui aussi en fuite, à moins qu'il s'agisse d'un des deux complices présumés arrêtés samedi dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles, plaque tournante du jihadisme. Inculpés par la justice belge pour "attentat terroriste", les deux hommes, Mohammed Amri, 27 ans, et Hamza Attou, 20 ans, sont soupçonnés d'avoir exfiltré Salah Abdeslam en Belgique après les tueries.

Les trois équipes coordonnées de jihadistes auraient ainsi été composées de neuf hommes et non huit, comme envisagé jusqu'à présent: trois kamikazes aux abords du Stade de France, trois autres dans la salle de spectacles du Bataclan et trois assaillants pour les terrasses de bars et restaurants.

Plusieurs kamikazes ont déjà été identifiés, tous français: Samy Amimour (28 ans), Omar Ismaïl Mostefaï (29 ans), Bilal Hadfi (20 ans) et Brahim Abdeslam (31 ans).

Mostefaï, Amimour et Hadfi se sont rendus en Syrie. C'est probablement le cas également des deux frères Abdeslam.

Les policiers sont aussi à la recherche d'informations sur un des kamikazes du Stade de France, dont ils ont diffusé la photographie. L'homme est passé par la Grèce cet automne et on a retrouvé près de son cadavre un passeport syrien à l'authenticité douteuse - l'identité correspond à un soldat de Bachar al-Assad tué il y a plusieurs mois.

Salah Abdeslam a côtoyé un jihadiste belge qui vivrait en Syrie, Abdelhamid Abaaoud, possible commanditaire du carnage. Ce membre de l'EI, 28 ans, est recherché depuis janvier, soupçonné d'avoir également projeté des attentats en Belgique.

Un autre jihadiste, français cette fois, intéresse les enquêteurs: Fabien Clain, 35 ans, vieux routier toulousain des filières radicales, qui a revendiqué au nom de l'EI les attaques parisiennes.

- Coalition avec Washington et Moscou -

Le gouvernement français présentera mercredi ses premières mesures d'exception, décidées après ce carnage sans précédent: le Conseil des ministres examinera le projet de loi sur la prolongation de l'état d'urgence pour trois mois, qui sera examiné jeudi par l'Assemblée nationale et vendredi par le Sénat.

Pour organiser la riposte militaire, le président français François Hollande rencontrera ses homologues américain Barack Obama (à Washington le 24 novembre) et russe Vladimir Poutine (à Moscou le 26) dans l'espoir de bâtir une coalition unique visant à "détruire" l'EI, qui contrôle de vastes territoires en Irak et en Syrie.

Le président russe, qui s'est déjà entretenu téléphoniquement mardi avec M. Hollande, a ordonné à sa marine de "coopérer" avec la France dans ses opérations en Syrie.

Le président américain Barack Obama a salué mercredi le rôle de la Russie dans les pourparlers visant à mettre fin au conflit en Syrie. La Russie a été "un partenaire constructif (...) en essayant de créer une transition politique" en Syrie, a estimé M. Obama.

Paris a réclamé mardi l'assistance militaire des pays de l'Union européenne (UE), qui a fait part de son soutien "unanime".

Mardi soir, des bombardements français ont à nouveau frappé Raqa, fief syrien de l'EI, pour le troisième jour consécutif. On ignorait le bilan de ces bombardements.

Après leur match de football vendredi contre l'Allemagne au Stade de France, en marge duquel trois kamikazes se sont fait sauter en tuant une personne, les Bleus ont rejoué mardi soir contre l'Angleterre. A Londres, les spectateurs anglais ont entonné une émouvante "Marseillaise", chantée à tue-tête dans un stade aux couleurs françaises.

En revanche, un autre match amical, entre l'Allemagne et les Pays-Bas, a été annulé à Hanovre (nord de l'Allemagne) en raison d'une menace d'attentat. Aucun explosif n'a été trouvé.

Des dizaines de personnes continuent de se recueillir chaque jour devant les lieux des attentats à Paris. Refusant la morosité, Charlie Hebdo, journal satirique français dont la rédaction avait été décimée par de précédentes attaques jihadistes en janvier, répond à sa manière en une de son numéro de mercredi: "Ils ont les armes, on les emmerde, on a le champagne".

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