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17/11/2015 22:37 EST | Actualisé 17/11/2016 00:12 EST

Affaire de l'espion Jonathan Pollard: les points clés

Jonathan Pollard doit être libéré vendredi après avoir passé près de la moitié de sa vie en prison aux Etats-Unis pour avoir espionné au profit d'Israël. Voici les points clés de ce dossier qui a provoqué un interminable bras de fer entre Washington et l'Etat hébreu.

Qui est Jonathan Pollard?

Né à Galveston, au Texas, dans une famille juive, Jonathan Pollard a 61 ans. Diplômé de l'université de Stanford, il a été recruté par l'US Navy en 1979. Son poste d'analyste civil du renseignement lui a donné accès à des documents classés top secret. Il a également obtenu la nationalité israélienne en 1995.

Quand a-t-il commencé à espionner?

Jonathan Pollard est entré en contact en juin 1984 avec un colonel israélien, Aviem Sella, qui étudiait à l'université de New York (NYU) pour lui proposer de lui communiquer des informations classées. Il a ensuite rapidement commencé à fournir un flux nourri de renseignements aux Israéliens, jusqu'à des milliers de documents classés "secret défense". Il aurait également transmis des informations à l'Afrique du Sud.

Comment a-t-il été découvert?

Jonathan Pollard a fait l'objet d'une enquête lorsque l'un de ses responsables a remarqué des documents contenant des informations sensibles posés sur son bureau, sans être dûment protégés et n'ayant aucun lien avec son travail.

Soumis à un détecteur de mensonges, il a avoué avoir transmis des informations classées et a été placé sous surveillance. Son épouse et lui ont tenté en vain de se réfugier à l'ambassade d'Israël à Washington. Il a finalement été arrêté le 21 novembre 1985 et sa femme, Anne Pollard, le lendemain.

Jonathan Pollard a plaidé coupable d'avoir conspiré pour fournir des informations classées à un gouvernement étranger. Il a été condamné à la prison à perpétuité le 4 mars 1987.

Quelles informations a-t-il transmis?

Les Etats-Unis n'ont jamais dévoilé officiellement ce que Jonathan Pollard avait fourni à Israël. Ce dernier a assuré n'avoir passé que des informations essentielles à la sécurité d'Israël que les Américains n'avaient pas partagées, comme par exemple des images satellite du siège de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), avait-il expliqué au journaliste Wolf Blitzer en 1987 depuis sa prison.

Ministre américain de la Défense entre 1981 et 1987, Caspar Weinberger aurait révélé qu'un manuel en dix volumes portant sur le réseau de surveillance électronique des Etats-Unis figurait également parmi les informations transmises, selon un article du journaliste Seymour Hersh publié dans le New Yorker en 1999.

Patriotisme ou argent: quelles étaient ses motivations?

Jonathan Pollard a affirmé avoir voulu aider à protéger Israël, assurant au juge qu'il avait seulement accepté de l'argent en signe de reconnaissance de son bon travail. Il avait dans un premier temps reçu 10.000 dollars et une bague de diamant et saphir, avant d'être finalement payé 2.500 dollars par mois. Ses soutiens défendent son patriotisme tandis que les autres, dont des responsables de la Navy, ont violemment critiqué "ce traître, arrogant et cupide".

Quel impact sur les relations entre les Etats-Unis et Israël?

Véritable plaie ouverte, le dossier divise les deux alliés depuis le début.

Affirmant au départ que Jonathan Pollard travaillait pour une opération non-autorisée, Israël avait finalement admis en 1998 qu'il était un agent israélien. Les différents gouvernements israéliens ont mené, en vain, une longue campagne pour sa libération, argumentant que la perpétuité était trop dure.

Alors directeur de la CIA, George Tenet avait menacé de démissionner en 1998 si le président américain Bill Clinton acceptait de relâcher Jonathan Pollard. L'opposition à sa libération est restée fermement ancrée chez les professionnels du renseignement américain.

En juillet 2015, la commission américaine chargée des libérations conditionnelles a finalement annoncé que Jonathan Pollard serait remis en liberté conditionnelle. Initialement prévue le samedi 21, elle aura lieu le 20 novembre.

jm/elc/elm/ros