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17/11/2015 01:29 EST | Actualisé 17/11/2016 05:12 EST

Le groupe État islamique, premier ennemi que la France et la Russie pourraient combattre ensemble depuis 1945

"Coopération" entre les Marines russe et française en Méditerranée, contacts étroits entre services secrets russes et français sur la Syrie: pour la première fois depuis 1945, la France et la Russie vont combattre côte à côte un ennemi commun, le groupe Etat islamique.

"Un détachement naval français mené par un porte-avions arrivera bientôt dans votre secteur. Il faut établir un contact direct avec les Français et travailler avec eux comme avec des alliés", a déclaré Vladimir Poutine lors d'une réunion de l'état-major de l'armée russe consacrée aux opérations militaires en Syrie. Le Kremlin a également évoqué l'accord de principe de François Hollande et de Vladimir Poutine pour une "coordination plus étroite" dans le domaine militaire mais surtout entre agences de renseignement.

Selon l'historien militaire russe Mikhaïl Miagkov, "la dernière fois que la France et la Russie ont combattu côte à côte, c'était bien sûr lors de la Seconde Guerre mondiale".

"Il faut se rappeler de (...) la Seconde guerre mondiale, quand la France et la Russie combattaient un ennemi commun qui menaçait de détruire toute l'humanité. Cela devient plus actuel que jamais quand il s'agit de combattre un ennemi comme l'EI", poursuit l'historien russe.

Mais si Mikhaïl Miagkov rappelle que Staline avait insisté, après la visite du général de Gaulle en Union soviétique en 1944, pour que la France soit pleinement associée aux vainqueurs du conflit, les deux pays ont ensuite été séparés pendant plus de 45 ans par le Rideau de fer.

Depuis la chute de l'URSS, la France et la Russie ont toutefois travaillé ensemble lors de plusieurs missions de maintien de la paix de l'ONU, notamment dans les années 1990 en ex-Yougoslavie.

La lutte contre la piraterie maritime au large de la Somalie, à laquelle la Marine russe participe, a également été une source de cooopération étroite avec les navires européens de la force Atalante ou les patrouilles américaines, chinoises ou indiennes, nécessaire pour sécuriser l'un des couloirs maritimes les plus fréquentés du monde.

Après les attentats du 11 septembre, la Russie avait été la première à afficher son soutien aux Etats-Unis. Et Moscou avait partagé ses renseignements sur les talibans avec les services secrets américains et autorisé le survol de son espace aérien aux avions américains.

Mais même là, "cette coopération avait été surtout logistique", rappelle Mikhaïl Miagkov.

"Pendant la Seconde Guerre mondiale, le nazisme avait forcé l'URSS et l'Ouest à dépasser leurs différences idéologiques. Est-ce que l'organisation Etat islamique (EI) deviendra le nouvel Hitler?", s'est demandé mardi le quotidien russe Vedomosti dans un éditorial.

Pour autant, les relations entre la France et la Russie devront encore se remettre des soubressauts de la crise ukrainienne et notamment de la décision de François Hollande, en août 2014, de ne pas livrer les deux navires Mistral, qui avait provoqué l'ire de Moscou.

Si ce problème a depuis été résolu, les deux pays sortant satisfaits de l'accord conclu, une source au sein du ministère de la Défense a affirmé à l'AFP que le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, comme le chef d'état-major des armées, le Pierre de Villiers, n'avaient eu aucun contact avec leurs homologues russes depuis la crise ukrainienne.

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