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16/11/2015 03:50 EST | Actualisé 16/11/2015 06:42 EST

Accueil des réfugiés syriens: Montréal et Québec mettent en garde contre la précipitation

Les maires des deux plus grandes villes du Québec mettent en garde Ottawa contre l'accueil précipité des 25 000 réfugiés syriens qu'il a promis d'accepter lors de la campagne électorale - dont 5700 au Québec. Si le maire de Montréal. Denis Coderre, ouvre la porte à un report de l'échéancier du 31 décembre qui a été fixé, son homologue de Québec, Régis Labeaume, est plus tranchant, réclamant carrément une pause.

« Il ne faut pas faire l'économie d'un processus serré de vérifications sur tous les aspects de la sécurité », a averti le maire Labeaume lors d'un point de presse, lundi après-midi, évoquant les attentats de Paris de la semaine dernière.

« La population est très, très inquiète, je pourrais même dire qu'une peur est en train de s'installer », a affirmé le maire de Québec, où a été initiée une pétition en faveur de la suspension du processus d'accueil.

« Il faut absolument viser l'acceptabilité de la population et surtout respecter les opinions de tout le monde - tant que ce n'est pas du racisme », a-t-il soutenu.

« Ce qu'on lui dit, ici à Québec - si on peut se permettre - nous vous relevons de votre engagement. Vous pouvez prendre beaucoup plus de temps, vous devez prendre plus de temps parce qu'accueillir des réfugiés, c'est une chose, faire tout ce qu'il faut, pour les retenir ici pour longtemps, c'est autre chose. »

— Régis Labeaume, maire de Québec

Précipiter les choses ne fera pas « réussir l'opération, bien au contraire », a-t-il argué.

Ottawa doit consulter les villes, plaide Coderre

« Je ne demande pas de pause, mais je comprends pourquoi on réagit de cette façon-là », a de son côté indiqué le maire de Montréal au cours d'une conférence de presse donnée presque au même moment.

Il faut se montrer ouvert aux réfugiés syriens et « on doit les protéger parce que ce sont des victimes », a-t-il soutenu, rappelant que les réfugiés étaient des « victimes avant tout, des hommes et des femmes qui ont tout perdu, des orphelins » qui ont vécu la guerre et le terrorisme.

Lui aussi a cependant prévenu contre l'improvisation qui pourrait entourer leur accueil.

« On ne gagnera pas un prix si on accepte 25 000 réfugiés d'ici le 1er janvier. »

— Denis Coderre, maire de Montréal

« Je ne mise pas [sur leur arrivée d'ici Noel, je mise sur l'objectif du 25 000, a-t-il ajouté, estimant qu'il serait acceptable qu'il s'échelonne jusqu'en mars.

Il demande avant tout de voir le plan du ministre fédéral de l'Immigration, John McCallum. Soulignant que les villes seront les premières à assumer les coûts sociaux, il réclame qu'elles soient consultées.

La réalité, a-t-il relevé, c'est que les réfugiés aboutiront essentiellement dans les trois métropoles du pays : Montréal, Toronto et Vancouver.

Au-delà de la question de la sécurité, il faut s'assurer d'être prêts à les accueillir en tenant compte de facteurs comme le transport, le logement, l'éducation et le travail. Sans oublier, a-t-il dit, qu'ils auront subi un « traumatisme épouvantable », et auront donc besoin d'une aide psychologique, et qu'ils vivront aussi un choc culturel.

Galerie photo Des réfugiés célèbres Voyez les images

Voici la déclaration intégrale du maire Labeaume.

Chers concitoyenset concitoyennes Nous sommes tous encore sous le choc des tristes événements survenus vendredi soir ...

Publié par Régis Labeaume sur 16 novembre 2015

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