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16/11/2015 03:30 EST | Actualisé 16/11/2015 03:31 EST

Les Syriens désireux de venir aux États-Unis font les frais des attentats de Paris

Les Syriens qui espéraient trouver refuge aux États-Unis font les frais des attentats de Paris, plusieurs États américains républicains refusant désormais de les accueillir, au moment où le président Barack Obama dénonce l'amalgame entre « réfugiés » et « terrorisme ».

Du Massachusetts au Texas, une douzaine de gouverneurs ont annoncé qu'ils n'accueilleraient plus de réfugiés syriens, par crainte qu'un éventuel terroriste ne se cache parmi eux.

Plusieurs candidats républicains à la Maison-Blanche ont eux aussi souligné dimanche que les États-Unis ne devaient pas accueillir de réfugiés syriens, parmi lesquels pourraient se trouver des jihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui a revendiqué les attaques de vendredi.

« Un “réfugié” syrien semble avoir participé aux attaques terroristes de Paris. La compassion humanitaire américaine pourrait être exploitée pour exposer les Américains à un danger mortel similaire », a expliqué Greg Abbott, gouverneur du Texas, un État du sud frontalier du Mexique.

Dans une lettre à Barack Obama datée de lundi, il a annoncé qu'il n'y « accepterait pas de réfugiés de Syrie ».

Les attentats, qui ont fait au moins 129 morts et plus de 350 blessés, « ont été décidés, planifiés en Syrie », a affirmé lundi le président français François Hollande.

Cinq des huit auteurs des attaques ont été identifiés, dont au moins trois auraient séjourné en Syrie. Et l'un d'entre eux, Ahmad al Mohammad, 25 ans, né à Idlib en Syrie avait été contrôlé en Grèce en octobre.

Le gouverneur du Mississippi (sud), Phil Bryant, a lui dénoncé une politique « extrêmement dangereuse », tout comme le gouverneur de l'Alabama (sud), Robert Bentley.

La Louisiane, l'Arkansas et l'Arizona ont pris des mesures similaires, tandis que le gouverneur du Massachusetts Charlie Baker, cité par le Boston Globe, a dit qu'il n'était « pas intéressé par l'acceptation de réfugiés de Syrie » dans son État, tout comme la gouverneure de Caroline du Sud, Nikki Haley.

« C'est une honte »

D'autres États ont suspendu temporairement l'accueil de réfugiés syriens, en attendant des mesures de sécurité supplémentaires de la part du gouvernement fédéral, comme l'Illinois (nord), imité par Mike Pence, gouverneur de l'Indiana ou celui du Michigan (nord), Rick Snyder.

Pour autant, a souligné M. Snyder, dont l'État abrite l'une des plus importantes communautés originaires du Moyen-Orient, les attaques de Paris « sont menées par des extrémistes et ne reflètent pas l'attitude pacifique des gens originaires du Moyen-Orient ».

Selon le Detroit Free Press, entre 1.800 et 2.000 réfugiés ont été installés dans le Michigan cette année, dont quelque 200 Syriens.

Mais les États n'ont pas les moyens de s'opposer à des financements fédéraux en la matière, même s'ils ne sont pas d'accord. Admettant cette impasse, le gouverneur de Floride (sud-est), Rick Scott, a choisi de s'adresser au Congrès pour qu'il prenne des « mesures agressives et immédiates » afin d'empêcher tout financement fédéral d'installation de Syriens en attendant d'« évaluer les risques ».

Le conseiller adjoint à la sécurité nationale de M. Obama, Ben Rhodes, avait lui estimé dimanche que le pays ne courrait pas de risque, car le nombre de réfugiés qui doivent être accueillis aux États-Unis est limité et le processus de contrôle « solide ».

Montrés du doigt pour leur manque de réactivité face à la crise migratoire déclenchée par le conflit en Syrie, les États-Unis ont annoncé début septembre qu'ils allaient accueillir 10.000 réfugiés syriens d'ici octobre 2016, contre 1.800 seulement depuis 2011.

Des chiffres qui sont loin de ceux en Europe, où 600.000 réfugiés -- dont 288.000 Syriens -- sont arrivés depuis le début de l'année.

Ces décisions s'inscrivent surtout dans un contexte de campagne électorale présidentielle, où l'immigration est un débat majeur et divise jusqu'au sein du parti républicain.

Le président Barack Obama a dénoncé depuis la Turquie un amalgame entre « réfugiés » et « terrorisme ».

« Les gens qui fuient la Syrie sont ceux qui souffrent le plus du terrorisme, ce sont les plus vulnérables. Il est très important que nous ne fermions pas nos cœurs aux victimes d'une telle violence », a-t-il déclaré, appelant à « ne pas faire de lien entre la question des réfugiés et celle du terrorisme ».

« Quand j'entends des gens dire que nous ne devrions peut-être accueillir que les chrétiens mais pas les musulmans (...) c'est une honte, ce n'est pas américain », a-t-il tempêté.

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