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15/11/2015 12:35 EST

Attentats de Paris : l'enquête sur la piste belge (VIDÉO)

L'enquête sur les attentats de Paris vendredi, qui ont fait 129 morts selon un bilan provisoire, se partage entre la France et la Belgique où vivaient une partie des kamikazes présumés. Avec la guerre en Syrie comme toile de fond.

Comment se sont organisées les trois équipes? Les attaques ont-elles été fomentées en Belgique?

Les enquêteurs travaillent sur l'hypothèse de trois équipes.

La première à frapper a été celle des kamikazes aux abords du Stade de France. Le premier s'est fait exploser à 21h20 locales, alors que le match était en cours. Les deux autres déclenchent leur ceinture explosive à 21h30 et 21h53. L'un d'entre eux, Bilal Hadfi, un Français de 20 ans résidant en Belgique, a été identifié.

Pourquoi l'opération a été déclenchée pendant le match, alors que les abords du stade étaient quasi déserts? Des explosions après la rencontre, alors que la foule sortait, auraient pu faire un carnage.

La deuxième équipe est entrée vers 21h40 dans la salle de concert du Bataclan. Trois assaillants sont morts après l'assaut des forces de l'ordre. Parmi eux, un Français de 29 ans, Omar Ismaïl Mostefaï. Sept de ses proches restaient en garde à vue dimanche soir.

Selon une source proche du dossier, la troisième équipe a sans doute mené les trois fusillades qui ont semé la mort dans des bars et restaurants dans l'Est de Paris à 21h25, 21h32 et 21h36.

Parmi cette équipe, il y avait sans doute, selon une source proche de l'enquête, Brahim Abdeslam, 31 ans, Français résidant aussi en Belgique, qui s'est fait exploser devant un bar du boulevard Voltaire. Pourquoi a-t-il déclenché sa ceinture à cet endroit?

Il est l'un des trois frères résidant en Belgique qui intéressent les enquêteurs: Mohamed Abdeslam, est en garde à vue en Belgique, et Salah Abdeslam, 26 ans, est introuvable. Bruxelles a émis un mandat d'arrêt international à son encontre et la police française a diffusé sa photo dans un appel à témoins.

En Belgique, sept personnes sont en garde à vue et l'enquête se concentre sur la commune bruxelloise de Molenbeek, considérée comme une plaque tournante des djihadistes en Europe.

La connexion syrienne

Les djihadistes partis en Syrie sont depuis 2012 la principale crainte des services antiterroristes. La France et la Belgique sont parmi les pays européens les plus concernés.

Objet d'une fiche de signalement comme personne radicalisée en 2010, mais passé sous les radars depuis, Omar Mostefaï a très vraisemblablement séjourné en Syrie entre 2013 et 2014. Bilal Hadfi y est aussi allé, selon une source proche de l'enquête, et la question se pose pour d'autres assaillants, identifiés ou en voie de l'être. En sont-ils revenus avec des instructions?

Au Bataclan, les kamikazes ont évoqué l'Irak et la Syrie.

Un passeport syrien, au nom d'Ahmad alMohammad, 25 ans, a été retrouvé au Stade de France. Un migrant en possession de ce document a été enregistré sur l'île grecque de Leros le 3 octobre. Il a déposé une demande d'asile en Serbie et sa trace s'est perdue en Croatie. Son nom est inconnu des services antiterroristes français. Les enquêteurs restent prudents sur les conclusions à tirer de cette découverte: le passeport est-il authentique? Peut-il avoir été volé ou vendu?

Galerie photo Attentats de Paris du 13 novembre 2015 Voyez les images

Quelles complicités?

Les auteurs des attaques bénéficiaient d'armes, dont trois kalachnikov retrouvées dimanche dans une Seat à Montreuil, en banlieue est de Paris. Y ont aussi été découverts cinq chargeurs pleins et onze vides.

Il y a forcément un artificier impliqué qui a confectionné les ceintures d'explosifs. Figure-t-il dans les morts? Des spécialistes, qui ne participent toutefois pas à l'enquête, en doutent.

Enfin les commanditaires. Les attaques ont été revendiquées par l'État islamique (EI) qui n'a jamais assumé d'actions terroristes dont il n'est pas à l'origine. Dans la plupart des actes récents ou des projets d'attentats, il y a trace d'échanges entre les auteurs et des interlocuteurs francophones en Syrie.

Coopération entre les services européens

C'est sans doute un des grands points faibles de l'antiterrorisme européen et il semble avoir été bien identifié par l'EI qui a récemment appelé ses militants en Europe à frapper des pays voisins du leur, où ils sont moins susceptibles d'être repérés.

L'enquête sur le carnage évité dans le train Thalys a montré des faiblesses dans ces échanges d'informations. A l'exception de Mostefaï, les assaillants identifiés ne sont pas connus des services français. En revanche, selon une source proche de l'enquête, Salah Abdeslam et Bilal Hadfi étaient dans les fichiers des Belges. Pourquoi n'ont-ils pas communiqué cette information à leurs voisins français?

Nicolas Sarkozy a toutefois ébranlé "l'union sacrée" voulue par l'exécutif en demandant "une inflexion" dans la politique étrangère de la France et des "modifications drastiques de sa politique de sécurité".

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