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14/11/2015 07:18 EST | Actualisé 15/11/2015 09:18 EST

L'enquête sur les attentats sanglants de Paris progresse, un dimanche de recueillement (EN DIRECT/VIDÉO/PHOTOS)

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Deux jours après les attentats de Paris, les enquêteurs ont retrouvé l'un des véhicules probablement utilisé par les assaillants, encore chargé d'armes, renforçant les craintes que certains d'entre eux ou de leurs complices soient toujours en liberté.

La voiture, une Seat noire, a été retrouvée à Montreuil, une commune limitrophe de Paris, avec plusieurs fusils d'assaut kalachnikov, du même type que ceux utilisés dans les fusillades, a-t-on appris dimanche de source judiciaire.

Au total, ce sont trois équipes de jihadistes différentes qui ont semé la mort vendredi dans la capitale française - 129 tués dont une vingtaine d'étrangers, plus de 350 blessés.

Les attaques, coordonnées, ont été revendiquées par le groupe Etat islamique que combat la France avec des avions-bombardiers en Irak et Syrie.

Selon des témoins, le véhicule retrouvé à Montreuil a transporté le groupe qui s'en est pris aux clients de trois bars et restaurants dans l'Est parisien. 

Un total de sept personnes, membres de la famille d'un des kamikazes, un Français de 29 ans né en banlieue parisienne, Omar Ismaïl Mostefaï, sont par ailleurs en garde à vue. Le père ainsi qu'un frère et la femme de ce dernier sont notamment entendus.

Un kamikaze fiché pour radicalisation

Le kamikaze, l'un des auteurs de l'attaque de la salle de spectacles du Bataclan à Paris, était en rupture avec sa famille, selon les premiers éléments de l'enquête. Identifié grâce à un doigt sectionné retrouvé au Bataclan, Mostefaï était fiché depuis 2010 pour radicalisation islamiste mais n'avait pas de lien connu avec les filières jihadistes, selon la justice française. 

Il était surtout connu des services de police pour de petits délits, qui avaient donné lieu à huit condamnations entre 2004 et 2010 mais à aucune incarcération.

Selon une source proche de l'enquête, Mostefaï fréquentait assidûment la mosquée de Lucé, près de Chartres (centre). Les enquêteurs tentent par ailleurs de confirmer qu'il avait séjourné en Syrie en 2014.

Il était "parti au bled", en Algérie, avec sa famille et "sa petite fille", a affirmé son frère de 34 ans, désormais en garde à vue, qui a affirmé ne plus avoir de nouvelles de lui depuis un moment. 

Les attentats, les plus meurtriers en France se sont déroulés entre le Bataclan, le Stade de France et un quartier de bars et restaurant dans l'Est parisien.

Les enquêteurs ont aussi mis la main, près du corps d'un kamikaze du Stade de France, sur au moins un passeport syrien appartenant à un migrant arrivé en Grèce le 3 octobre. Ce pays est la principale porte d'entrée des réfugiés dans l'Union européenne.

Anticipant la polémique qui ne manquera pas d'enfler si certains des kamikazes s'étaient glissés dans le flot des réfugiés syriens, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé l'Union européenne à garder la tête froide.

"Ceux qui ont perpétré les attentats sont exactement ceux que les réfugiés fuient, et non pas l'inverse, et par conséquent il n'y a pas lieu de revoir dans son ensemble la politique européenne en matière de réfugiés", a-t-il dit.

Cinq arrestations en Belgique

La France a demandé dimanche la tenue d'un conseil extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'Union européenne le 20 novembre à Bruxelles pour "renforcer" la lutte antiterroriste après les attentats de Paris.

Selon le maire de la commune belge de Molenbeek, cinq personnes ont été arrêtées dans cette ville en lien avec les tueries de Paris, dont l'homme qui avait loué une voiture noire de type Polo utilisée par les kamikazes et retrouvée garée devant le Bataclan, théâtre de la plus meurtrière des attaques avec au moins 89 morts.

Ces personnes forment-elles la troisième équipe d'assaillants évoquée par la justice française, outre celles du Stade de France et du Bataclan ?

Selon le procureur en charge de l'enquête, François Molins, trois assaillants sont morts au Bataclan, trois autres se sont fait sauter près du Stade de France, où 80 000 personnes, dont le président Hollande, assistaient à un match de football amical France-Allemagne, et un dernier boulevard Voltaire dans l'est de Paris.

Dix mois après les attaques contre le journal satirique Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts en janvier, ces attentats ont replongé la France dans la douleur et le recueillement.

Un deuil national de trois jours est observé depuis dimanche. Musées et salles de spectacle restent fermés dans la capitale. Les marchés de plein air, lieu de balade traditionnels le dimanche, n'ont pas été autorisés.

Des cérémonies de recueillement sont prévues en soirée à la Cathédrale de Paris et à la Grande synagogue.

Le président socialiste François Hollande, qui a appelé à l'unité nationale, a reçu les chefs de partis, dont son prédécesseur et rival de droite Nicolas Sarkozy, dans une tentative de concorde politique. Lundi, il doit s'exprimer devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, dans un acte politique exceptionnel.

Le gouvernement français a réaffirmé que la France continuerait à frapper le groupe Etat islamique pour le "détruire". "C'est l'ensemble des capacités de Daech (acronyme arabe de l'Etat islamique) que nous devons viser", a précisé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Les messages de solidariyé et de soutien continuent d'affluer du monde entier. Réunis à Antalya en Turquie, les chefs d'Etat et de gouvernement du G20 vont afficher leur unité face au terrorisme même s'ils divergent sur le règlement de la crise syrienne.