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14/11/2015 07:38 EST

Ce que l'on sait des auteurs des attentats de Paris

Ils sont sept. Sept à avoir semé la terreur dans Paris et les abords du Stade de France. Sept terroristes qui ont commis vendredi 13 novembre les pires attentats que la France a connus depuis des décennies.

Trois kamikazes se sont fait exploser près de l'enceinte dyonisienne où se déroulait le match de football France-Allemagne, un rue de Charonne, trois ont actionné leur ceinture d'explosif pendant l'intervention des forces de l'ordre au Bataclan tandis qu'un dernier a été abattu par les policiers dans la salle de concert. "L'enquête devra déterminer les complicités et permettra de savoir si des co-auteurs sont encore dans la nature", avait précisé dans la nuit le procureur de Paris François Molins.

C'est la première fois en France que des terroristes utilisent un tel mode opératoire avec des ceintures d'explosifs pour faire un carnage dans la foule. Selon un bilan provisoire fourni samedi soir, on dénombre 129 morts, 352 blessés.

Hollande accuse l'Etat islamique

Samedi matin, tous les regards se tournaient vers l'Etat islamique, avant même que le groupe terroriste ne revendique l'opération. Lors d'une allocution après le Conseil de Défense, François Hollande a très clairement nommé Daech comme étant le responsable de cette attaque. "Ce qui s'est produit hier à Paris et à Saint-Denis est un acte de guerre (...) commis par une armée terroriste, Daesh. (...) Un acte de guerre préparé, planifié, de l'extérieur, avec des complicités intérieures que l'enquête permettra d'établir. Un acte d'une barbarie absolue", a lancé le chef de l'Etat.

Le fait que plusieurs attentats simultanés aient été commis rappelle en effet la méthode de ce groupe; de plus, dans la dernière vidéo mise en ligne par Daech, il y a quelques jours, des images évoquaient Paris au milieu d'une vidéo ciblant la Russie. A posteriori, certains se demandent s'il ne s'agissait pas d'un signal codé pour les attaques de vendredi.

C'est peu après 11h30 qu'un communiqué de l'organisation terroriste a été publié pour revendiquer les attaques perpétrées vendredi soir à Paris. Dans ce texte qui nous ramène à un autre temps, Daech prévient que ce "n'est que le début de la tempête".

Un passeport syrien retrouvé, un Français identifié

Les identités des assaillants n'ont pas encore été communiquées mais les enquêteurs travaillent sur plusieurs pistes. La "piste syrienne" est l'une des hypothèses de travail, ont souligné des sources policières, précisant que des vérifications étaient effectuées en lien avec des services de renseignement étrangers, notamment européens.

Un passeport syrien a été retrouvé près de l'un des auteurs des attaques. Le procureur a expliqué que ce passeport avait retrouvé près d'un des kamikazes qui a attaqué le Stade de France. Ce passeport appartient à un individu né en 1990 et qui n'est pas connu des services français.

Quoi qu'il en soit, cette découverte pose clairement la question d'un éventuel séjour en zone de jihad, d'autres membres du commando et leur entraînement. D'ores et déjà, une source policière évoque "des types aguerris à première vue et parfaitement entraînés, que les témoins décrivent comme assez jeunes et sûrs d'eux".

Le corps d'un Français connu des services de renseignement, très probablement l'un des assaillants du Bataclan a par ailleurs été identifié. Né le 21 novembre 1985 née à Courcoronnes dans l'Essone, "Il est connu de la justice pour des affaires de droit commun" mais "n'a jamais été incarcéré". Il faisait l'objet d'un fiche S depuis 2010 pour "radicalisation" mais n'a jamais été impliqué dans des affaires de filières, a déclaré samedi soir le procureur de e Paris, François Molins.

Les restes des corps des kamikazes qui se sont faits exploser boulevard Voltaire, au Bataclan et au Stade de France, doivent être ramenés à l'Institut médico-légal (IML). Les enquêteurs espèrent que des traces ADN ou des empreintes exploitables coïncideront avec un fichier d'auteurs d'infractions.

Selon des sources policières, des témoins évoquent des assaillants venus dans une voiture immatriculée en Belgique, ce qui laisse ouverte l’hypothèse d'une équipe venue de l'étranger, sans exclure la présence de locaux. Une piste hors des frontières renforcée par l'arrestation le 5 novembre en Bavière d'un homme en possession de mitraillettes et d'explosifs, qui pourrait être lié aux attentats, selon le ministre-président de cette région allemande.

M. Tout-le-monde avec une kalachnikov

S'il va sans doute falloir un peu de temps avant d'avoir l'identité des terroristes, leurs motivations apparaissent dans les récits de certains survivants. Comme ce journaliste, présent au Bataclan qui rapporte les mots prononcés par les terroristes. "Je les ai clairement entendus dire aux otages ‘c'est la faute de Hollande, c'est la faute de votre président, il n'a pas à intervenir en Syrie'. Ils ont aussi parlé de l'Irak", assure Pierre Janaszak, animateur radio et TV. Le mot "vengeance" a également été entendu par plusieurs témoins qui citent aussi le cri "Allahou Akbar".

Les témoins des scènes de carnage évoquent aussi la silhouette de ces terroristes. Tous auraient agi à visage découvert, sans masque. "On aurait dit M. Tout-le-monde avec une kalachnikov", a raconté une survivante. Sur BFMTV, une autre a parlé d'une "machine à tuer" pour décrire un homme d'une vingtaine d'année, la barbe naissante habillé de noir.

"J'ai vu un homme jeune, pas plus de 25 ans. Il était habillé de façon normale, en survêtement, il portait une arme en bandoulière. Il avait l'air très calme", a dit aussi un rescapé du Bataclan sur LCI.

Trouver d'éventuels commanditaires

Au-delà de ceux qui ont perpétré les attaques, les enquêteurs devront aussi remonter la piste d'éventuels commanditaires. La coordination des attaques laisse peu de doute: le projet a été conçu et préparé pour frapper les esprits et semer l'effroi. En août, un Français arrêté à son retour de Syrie, où il avait séjourné quelques jours à Raqqa, fief de l'Etat islamique, avait évoqué des instructions de l'Etat islamique pour viser une salle de concert.

Remonter le fil de soutiens logistiques puis de commanditaires dépendra des traces laissés par les kamikazes. La présence de ceintures explosives est inédite en France et laisse supposer la présence d'un artificier. "Le spécialiste en explosif est trop précieux, il ne participe jamais aux attaques. Donc il est là, quelque part...", pense l'ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE, Claude Chouet, contacté par l'AFP.

Galerie photo Attentats de Paris du 13 novembre 2015 Voyez les images