POLITIQUE
13/11/2015 07:56 EST

L'entente avec les spécialistes «signifie moins d'attente à l'urgence», dit Gaétan Barrette (VIDÉO)

Des listes d'attente gérées plus efficacement, des plages horaires réservées aux patients référés par des médecins de famille, un meilleur arrimage entre les urgentologues et les médecins spécialistes dans les hôpitaux : voilà ce que promet le ministre de la Santé Gaétan Barrette dans la foulée de l'entente que son ministère vient de conclure avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Dans un point de presse tenu vendredi à l'Assemblée nationale, le ministre Barrette a expliqué que cette entente, entérinée jeudi par la FMSQ, prévoit que les médecins spécialistes mettront en oeuvre diverses mesures ciblées visant à améliorer l'accessibilité à leurs soins d'ici le 31 décembre 2017. Cela leur permet d'éviter les mesures coercitives prévues au projet de loi 20 entré en vigueur mardi. Ces mesures, dont une diminution de leur rémunération, seront appliquées si l'entente n'est pas respectée.

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« Les médecins spécialistes s'engagent à gérer de façon serrée les listes d'attente en chirurgie », a-t-il indiqué. Ils mettront aussi en place « un mécanisme d'accès prioritaires aux services de soins spécialisés qui va faire en sorte que la clientèle provenant de médecins de famille bénéficiera de plages horaires réservées pour ces patients-là, spécifiquement. Enfin, on va régler la problématique de difficulté d'accès aux médecins spécialistes lorsque la consultation provient des médecins de famille. »

« La fameuse fluidité, l'accès aux médecins spécialistes qui était hyper difficile, avec ça, on va grandement l'améliorer et, potentiellement, le régler de façon définitive. »

— Gaétan Barrette, ministre de la Santé du Québec

« L'entente prévoit aussi que le délai moyen de consultation entre le médecin spécialiste et l'urgentologue qui, en vaste majorité, sont des omnipraticiens à l'urgence, devra se faire en quelques heures, dans les heures ouvrables », a poursuivi le ministre Barrette. « Ça signifie, le jour, moins d'attente à l'urgence. »

Aussi, « il sera possible pour les médecins spécialistes de recevoir une consigne d'hospitaliser, de devenir un médecin traitant - c'est un peu technique, mais c'est quelque chose qui a un impact substantiel dans les hôpitaux - lorsque le besoin sera démontré », a-t-il ajouté. Il sera donc possible que, « dans certains cas, certains médecins spécialistes soient appelés à prendre en charge de façon formelle certains patients ».

Gaétan Barrette a précisé qu'il ne se prévaut que dans un seul cas du controversé article 39 de la loi 20, qui l'autorise à orienter certaines sommes consenties à la FMSQ vers des activités qu'il considère nécessaires : cela concerne les échographies qui, dès 2016, seront entièrement prises en charge par la Régie de l'assurance maladie, y compris lorsqu'elles sont effectuées dans une clinique privée, pourvu qu'elles soient faites par des radiologues.

Le ministre de la Santé souligne par ailleurs que cette entente s'inscrit dans la continuité de celle, similaire, qu'il a conclue avec les omnipraticiens du Québec. Les engagements des deux fédérations, dit-il, permettront d'améliorer l'accès à la première ligne de services, mais aussi la coordination et la fluidité avec les deuxième et troisième lignes. « On va le voir », a-t-il promis.

M. Barrette assure qu'il n'hésitera pas à recourir aux mécanismes coercitifs prévus dans la loi 20 si les médecins spécialistes ne livrent pas la marchandise. Si la population croit qu'il hésitera à y faire appel parce que 2018 sera une année électorale, « vous rêvez en Technicolor et en Panavision », a-t-il lancé. Malgré les débats et les critiques, la loi 20, s'est-il félicité, aura « provoqué un changement » au bénéfice des citoyens. « Tout le monde va sortir gagnant », anticipe-t-il.

« J'ai forcé les gens à changer d'approche. Et, au mérite des gens qui sont en face de moi [...] ils ont accepté d'aller dans cette direction-là. »

— Gaétan Barrette, ministre de la Santé du Québec

Une loi « inacceptable », gracieuseté du « Doctor Bashing »

Malgré cette entente, la FMSQ estime que la nouvelle loi demeure « totalement inacceptable, tant dans sa forme que dans sa finalité ». Sa présidente, Diane Francoeur, la qualifie en outre d'« inutile ». Dans un communiqué, elle affirme que « la façon de faire du ministre ne garantit en rien un meilleur accès aux soins; c'est par la collaboration et des conditions de pratique adéquates que nous y parviendrons ».

« Nous avons aussi assisté à un bien triste spectacle en commission parlementaire, à l'Assemblée nationale et sur la place publique. Le Doctor Bashing a été largement alimenté par l'opposition officielle. La cible est facile et le motif strictement politique. »

— Dre Diane Francoeur, présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec

« Nous avons longuement insisté sur la nécessité pour les médecins spécialistes d'avoir accès aux cliniques externes, aux salles d'opération, et à des lits pour soigner leurs patients. D'ailleurs, cette entente prévoit l'engagement du MSSS à contribuer à l'amélioration de l'environnement de pratique des médecins spécialistes », poursuit-elle. Autrement, tout ça n'aura été qu'une vaste mise en scène, une manœuvre à visée électoraliste », poursuit-elle.

La FMSQ précise par ailleurs que les négociations sur la nouvelle loi se poursuivent avec le ministère de la Santé, puisque « de nombreuses interrogations demeurent des réponses ».

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