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12/11/2015 02:12 EST | Actualisé 12/11/2015 02:19 EST

«La guerre des tuques est un mythe» - Jean-François Pouliot (VIDÉO/PHOTOS)

Le cinéaste Jean-François Pouliot nous offre dès jeudi dans les salles de cinéma une version 3D du classique La guerre des tuques. Le réalisateur de La grande séduction espère ainsi conquérir une nouvelle génération d’enfants qui n’ont pas encore connu l’effet «T’as un trou dans ta mitaine».

Galerie photo «La guerre des tuques» 3D Voyez les images

En entrevue pour Le Huffington Post Québec, l’homme de 58 ans, attablé dans un restaurant du Vieux-Montréal, affiche un sourire satisfait. Selon lui, La guerre des tuques format stéréoscopique vient donner un nouveau souffle à une œuvre marquante.

«Je suis très fier du résultat, déclare Pouliot. Le film de la série des Contes pour tous mettaient pour la première fois en scène de vrais enfants québécois. Les jeunes se sont reconnus à travers cette magnifique aventure quasi documentaire. Quant à l’animation, le procédé permet d’aller creuser ailleurs pour raconter d’autres choses. Je voulais aussi recréer les sensations de l’hiver, qu’on sente littéralement la neige sortir de l’écran.»

Toutefois, le réalisateur le dit sans détour: il n’a jamais été question de trahir la production originale, mais plutôt de proposer une sorte de relecture. C’est pourquoi les trentenaires reconnaitrons facilement le film de leur enfance, car le récit demeure sensiblement la même avec le fort, la mort de la chienne Cléo et en prime les célèbres répliques telles: «La guerre, la guerre, c'est pas une raison pour se faire mal!».

«Il a fallu beaucoup de doigté pour y parvenir, précise le cinéaste. La 3D se situe entre l’animation traditionnelle et le cinéma réel. Sans la pression du réalisme et de l’authenticité que j’aurai pu ressentir dans le cas d’une fiction, j’avais le sentiment ici de me retrouver dans un nouvel univers où tout était permis.»

Cette ambitieuse production d’un budget de 12 millions de dollars a nécessité près de cinq ans de travail. Assisté par le réalisateur d’animation François Brisson et le directeur artistique Phil Arseneault, Jean-François Pouliot s’est attelé à concevoir de jeunes figures virtuelles qui s’affrontent toujours en deux camps dirigés par les héros Sophie et Luc. Les combats n’arriveront pas à dissimuler l’idylle entre les deux chefs de guerre jusqu’au fameux baiser volé.

«La plupart des gens gardent un souvenir nostalgique sur le film de 1984, raconte Pouliot. C’est une sacrée bonne histoire. Au fond, La guerre des tuques est un mythe et comme tous les mythes, je l’ai revisité à ma façon. Même si trente ans séparent les deux longs métrages, il reste que des thèmes universels demeurent. On y parle toujours de deuil et d’amitié.»

Derrière les voix des personnages

NICHOLAS SAVARD-L’HERBIER – LUC

«Moi, j’ai beau ne pas être très vieux, mais quand j’étais jeune, on n’avait pas Internet. On a joué dehors, mes amis et moi. On se faisait des petits forts… plus modestes que ceux du film! Mais je me souviens que mon rôle, à moi, était de fabriquer de petits outils pour concevoir des blocs de glace et faire un fort avec. C’est un peu mon enfance, La Guerre des tuques. Ça signifie beaucoup pour moi.»

MARILOUP WOLFE – SOPHIE

«Mes deux fils ont très hâte de voir le film. Ils ont leur macaron, leur tuque de Sophie, ils sont «team Sophie»! Ils attendent ça avec impatience. À l’époque de La Guerre des Tuques, les particuliers pouvaient investir dans le cinéma. Mon père, qui aimait énormément le cinéma, investissait dans les Contes pour tous et, souvent, on était invités aux premières. Je me souviens d’être allée à la première de La Grenouille et la baleine. J’avais vu Fanny Lauzier et j’étais super impressionnée! Le cinéma a toujours été important pour moi, et les Contes pour tous représentent mon entrée dans ce monde-là. Ça m’a fait rêver, c’est ce qui a éveillé mon imagination.»

GILDOR ROY – CHABOT

«Incarner Chabot, ce n’était pas juste une job trippante, c’était un honneur. Je joue dans une production que tous les Québécois connaissent! Ce n’est pas rien! Ça m’énerve encore plus quand je pense à ça! (rires) Moi, je suis le doyen du groupe, je suis plus grand et plus gros que les autres, mais j’ai une voix tellement polyvalente… (rires) J’ai rencontré l’équipe, j’ai fait deux ou trois phrases, et il paraît que ça marchait bien.»

HÉLÈNE BOURGEOIS- LECLERC – FRANÇOIS «LES LUNETTES»

«Sur le coup, j’ai fait le saut, parce que, dans le film, François n’est plus asiatique (rires). Mais c’est une relecture du film. Ça reste la même histoire, les mêmes personnages, mais il y a des petits changements, des choses qui ont évolué. La Guerre des tuques fait partie de mes plus beaux souvenirs d’enfance. Ce n’est pas le premier film que j’ai vu dans ma vie – le premier était E.T – mais c’est l’un des premiers. Ça représente des souvenirs magnifiques. Et je le revois à chaque année, grâce à Ciné-Cadeau, on est un peu obligés, dans le temps des Fêtes…(rires)»

ANNE CASABONNE – MARANDA

«C’était la première fois que je faisais du doublage. Mon personnage, Maranda – un garçon – n’était pas dans le film original. C’est le chum à Chabot! J’ai acheté à mon fils toute la collection des films de Roch Demers. Pour moi, ce sont des films qui, par le jeu, prennent position pour l’égalité hommes-femmes, montrent les dommages collatéraux de la guerre, on y soulève plein de notions sociales. Encore aujourd’hui, La Guerre des tuques demeure l’un des films préférés de mon fils, avec Bach et Bottine et les autres. Il connaît toutes les répliques.»

ANDRÉ SAUVÉ – LES JUMEAUX LEROUX

«Je vais avoir 50 ans et j’étais un préadolescent, la première fois que j’ai regardé La Guerre des tuques. J’ai grandi dans une famille de cinq enfants, avec les cousins et les cousines dans la cour. Le film représente bien mon enfance.»

CATHERINE TRUDEAU – JACQUES

«Jacques est le meilleur ami de Luc, qui est un peu plus poussé dans ce film. Dans la version originale, on connaît un peu moins Jacques, il se fait tirer des boules de neige dans la face et il pleure. Cette fois, il est plus tomboy, c’est lui qui entraîne Luc à faire la guerre. Il se cache derrière Luc parce qu’il n’a pas, lui-même, le guts de le faire, et il lui met dans les mains la job de chef.»

HUGOLIN CHEVRETTE – TI-GUY LA LUNE

«J’étais content de faire partie de cette aventure. J’ai trippé sur le film. La Guerre des tuques, c’est l’époque des vieux habits de neige, la musique représente un certain type de films de ces années-là… Ces souvenirs reviennent dès qu’on voit le film. Et l’équipe a su, à mon avis, trouver un angle pour pouvoir toucher à un mythe comme celui-là, avec beaucoup d’amour.»

La guerre des tuques 3D – Film d’animation – Les Films Séville – 84 minutes – Sortie en salles le 12 novembre 2015 – Canada, Québec.