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11/11/2015 00:58 EST | Actualisé 11/11/2016 00:12 EST

Vols vers l'Egypte suspendus: les tour-opérateurs russes estiment le préjudice à 200 M USD

La suspension des vols des compagnies aériennes russes vers l'Egypte à la suite du crash de l'Airbus de Metrojet devrait se traduire par un préjudice financier d'environ 200 millions de dollars pour les tour-opérateurs russes, a indiqué mercredi une représentante du secteur.

L'Egypte constituait avec la Turquie la destination préférée des Russes mais aussi celle, grâce à ses bas tarifs, qui souffrait le moins de l'effondrement du marché touristique causée par la récession en Russie.

"Si l'interdiction des liaisons aériennes dure deux à trois mois, cela représentera environ 200 millions de dollars (de préjudice), y compris en manque à gagner", soit 186 millions d'euros, a déclaré la directrice exécutive de l'Association des tour-opérateurs russes Maïa Lomidzé, citée par l'agence Interfax.

Le seul coût du rapatriement des touristes actuellement en Egypte représente 1,5 milliard de roubles, soit 22 millions de dollars à la charge du secteur, a précisé cette responsable.

Sur recommandation des services de renseignements, le président Vladimir Poutine a ordonné vendredi la suspension des vols des compagnies aériennes russes vers l'Egypte à la suite du crash de l'Airbus A321 de Metrojet dans le Sinaï, qui a fait 224 morts et qui selon plusieurs pays a été provoqué par un attentat à la bombe.

Le chef de l'administration présidentielle russe, Sergueï Ivanov, a prévenu mardi que cette interdiction durerait "au moins plusieurs mois".

L'Egypte a accueilli au premier semestre 1,05 million de touristes russes, première destination devant la Turquie (1,03 million), ce qui représente un voyage à l'étranger sur cinq selon les chiffres de l'agence fédérale du Tourisme russe.

L'Union russe des professionnels du tourisme a estimé récemment qu'environ 140.000 séjours étaient déjà vendus pour la période hivernale.

Certains tour-opérateurs ont proposé à leurs clients de partir vers la Turquie, qui correspond à la même gamme de prix, ou vers des destinations plus chaudes prisées des Russes comme Goa en Inde, la Thaïlande ou le Vietnam.

Mais les plages de Turquie sont plus fraîches que l'Egypte en plein hiver et les destinations asiatiques, pour le même niveau de service, représentent un coût bien plus élevé, difficile à avaler dans le contexte actuel de crise.

Le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch a estimé pendant le week-end que seuls 20% à 30% des touristes ayant déjà acheté des séjours en Egypte avaient accepté de changer de lieu de vacances, "avant tout au profit de la Turquie". Les autres préfèrent selon lui repousser leurs vacances ou se faire rembourser.

Selon le journal Kommersant, une délégation du ministère israélien du Tourisme s'est rendue à Moscou proposer des subventions pour les séjours vers la station balnéaire d'Eilat.

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