DIVERTISSEMENT
11/11/2015 11:31 EST

«Virtuose» à Radio-Canada: Gregory Charles et ses jeunes talents

Courtoisie: Radio-Canada

Ça grouille de talent, ces jours-ci, en après-midi de semaine, au Théâtre le Qube de Gregory Charles, aux abords du Casino de Montréal. C’est qu’on y enregistre Virtuose, nouvelle émission qu’animera Gregory dès janvier, à Radio-Canada, et qui met en vedette 24 jeunes musiciens de 9 à 17 ans, venus de partout au Canada.

Des garçons et des filles aux aptitudes exemplaires, aussi candides que matures, qui ont déjà atteint un «niveau musical extraordinaire», aux dires de leur mentor télévisuel, et qui vous impressionneront par leurs prouesses, leur discipline et leur aplomb, comme ont pu constater les journalistes, invités à assister à un enregistrement, mardi après-midi.

Non, les adolescents n’en ont pas nécessairement que pour One Direction ou Taylor Swift. Plusieurs craquent aussi pour Mozart, Bach et Beethoven. En fait, 90% des gens qui jouent de la musique classique, au Québec, ont moins de 18 ans et, parmi les Canadiens de moins de 18 ans qui manient un instrument, 90% d’entre eux donnent dans ce style. Ces statistiques sont de Gregory Charles, lui-même ex-enfant prodige, qui se reconnaît chez les jeunes participants de Virtuose.

«À leurs yeux, la musique classique n’est pas du tout marginale, elle est totalement mainstream», s’est émerveillé l’homme-orchestre.

Compétition amicale

C’est donc de cette prémisse que part l’idée de Virtuose, un projet que Gregory Charles a lui-même soumis à Radio-Canada il y a un an: montrer que le classique peut être rassembleur et amusant, pas seulement pointu et réservé à une certaine élite.

«On veut que le public se sente élevé, porté par la musique, les efforts et le dépassement de soi», a exposé Francine Allaire, directrice des émissions culture, variétés et sociétés à Radio-Canada. La case-horaire des 10 épisodes d’une heure n’est pas encore connue, mais il est certain que Virtuose prendra l’antenne tout de suite après les Fêtes.

Virtuose repose sur une compétition amicale, où les artistes doivent évidemment étaler leur savoir-faire, devant public. Une première ronde de six semaines opposera les 24 participants. Chaque semaine, quatre d’entre eux offriront une prestation en solo, qui sera précédée d’un portrait donnant un aperçu de la personnalité, du bagage et des ambitions du musicien en question. À la fin, un numéro collectif, monté sous la supervision de Gregory Charles, combinera les sons de chacun des membres du quatuor.

À titre de témoin et analyste, Marc Hervieux livrera ses commentaires critiques au terme de chaque performance. D’après ce qu’on a pu voir - et entendre - mardi, le ténor est franc, mais toujours respectueux, jamais méchant ou condescendant. Il s’adresse aux jeunes comme s’il parlait à un vis-à-vis du même âge que lui.

« J’essaie d’être honnête le plus possible, a indiqué Marc Hervieux. Si quelqu’un manque son coup, c’est certain que je vais lui dire, mais personne ne va finir en larmes!»

«J’ai un rôle d’observateur, a-t-il ajouté. Le but, pour moi, c’est de les voir et les entendre briller. C’est facile pour moi de dire à quel niveau de virtuosité ils ont été.»

Au moment du vote, les spectateurs, via leurs appareils intelligents, téléphones ou tablettes, dresseront le classement de leurs coups de cœur parmi les quatre concurrents, sans attribuer de note précise. Marc Hervieux établira également de son côté son palmarès personnel. Le pointage de l’assistance et celui de Marc Hervieux compteront chacun pour 50% du résultat final.

12 joueurs survivront à la première manche - à raison de deux gagnants par semaine - et passeront ensuite à l’étape suivante, celle des demi-finales, qui se déclinera de la même façon, en trois semaines. Quatre finalistes accéderont à la grande finale, et un seul sera couronné vainqueur.

«On a des jeunes extrêmement talentueux, mais qui ne sont pas des machines ou des extraterrestres, a relevé Gregory Charles. Ce sont des kids qui aiment la natation, jouer aux échecs, réussir en classe, et qui, quelques heures par jour, font de la musique.»

«Eux ne se perçoivent pas comme des virtuoses. On est proches du pur en télévision. Tout ce qu’ils veulent, c’est de faire connaître la musique qu’ils aiment. Ce sont des évangélistes à leur façon», a ajouté, attendri, l’animateur et producteur (via sa boîte Média Qube TV).

Que remportera le (ou la) lauréat(e) de Virtuose? L’honneur et la fierté. Pas de prix en argent ou autre cadeau matériel.

«On n’avait pas envie de leur mettre cette pression-là», a justifié Francine Allaire.

Gros calibre

On n’à qu’à jeter un œil aux fiches des jeunes visages de Virtuose pour remarquer à quel point on a affaire à du gros calibre. Par exemple, Eva Lesage, violoniste de 13 ans, de Montréal, a raflé une flopée de prix prestigieux, a pris part au Parlement écolier de l’Assemblée nationale du Québec en mai 2014, et adore s’informer. Marie-Pier Simard-Gagnon, 16 ans, du Saguenay, ambitionne de devenir à la fois violoncelliste et neurochirugienne. Les jeunes s’expriment très bien et ont tous une grande culture. Ces derniers mois, quelque 90 aspirants de 9 à 17 ans ont été vus en auditions de recrutement pour l’émission.

Les vedettes de Virtuose s’expriment en français, mais leurs parents sont de toutes origines, québécoise, russe, chilienne, chinoise, colombienne ou autres. Parmi les instruments exploités, on trouve les traditionnels guitares, violons, pianos et violoncelles, mais aussi la batterie, la harpe et le basson. Un petit chanteur lyrique est aussi du groupe. Quelques-uns des candidats du jeu se connaissaient avant de poser le pied sur le plateau de Virtuose, pour s’être croisés dans des concours et camps musicaux à travers le pays.

Certains ont grandi dans des familles où la musique occupait une place importante, alors que d’autres ont développé cette passion d’eux-mêmes. Dans la même veine, certains aspirent à faire carrière dans la musique, tandis que d’autres, à la fin de l’adolescence, ont atteint l’âge de la croisée des chemins et se demandent s’ils doivent arrêter ou continuer professionnellement.

Même si Virtuose encourage nécessairement une certaine pression de la performance, Gregory Charles ne perçoit rien de malsain dans son concept. Après tout, ses poulains sont habitués aux concours internationaux et évoluent dans un domaine compétitif.

«S’il y a un domaine où les jeunes sont habitués à la compétition, c’est bien celui de la musique, a spécifié Gregory Charles. Ils font des concours au Canada, en région, l’habitude des compétitions est là.»

«Ils sont souvent les premiers à être admiratifs des habiletés des autres. Il y a une confrérie qui se forme entre eux. Ils ont en commun l’amour de la musique. Et un bon musicien n’empêche pas un autre bon musicien.»

Virtuose sera à l’antenne de Radio-Canada en janvier.

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