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11/11/2015 13:03 EST | Actualisé 11/11/2016 00:12 EST

Turquie: perquisition au siège d'un journal d'opposition à Istanbul

La police turque a perquisitionné mercredi soir à Istanbul un des plus importants quotidien d'opposition du pays, proche de l'imam Fethullah Gülen, ennemi juré du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, selon des médias locaux.

Escorté d'importants effectifs des forces de l'ordre en tenue antiémeute, et d'un véhicule à canon à eau, cinq policiers et deux avocats ont inspecté, sur réquisition d'un tribunal, le siège du quotidien Zaman afin de vérifier que la version "pirate" d'un autre journal d'opposition n'y était pas imprimée, ont affirmé des journalistes de Zaman sur leurs comptes Twitter.

Ce quotidien, Bügun, le journal Millet et deux chaînes de télévision, appartenant tous à la holding Koza-Ipek, ont fait l'objet le mois dernier d'une décision très controversée de mise sous tutelle judiciaire.

L'assaut donné en direct par la police, quelques jours avant les élections législatives du 1er novembre, contre les deux chaînes Bugün TV et Kanaltürk pour faire exécuter cette décision avait suscité de violentes réactions contre le gouvernement turc, accusé de vouloir faire taire ses rivaux.

Au pouvoir depuis treize ans, le parti de M. Erdogan a remporté haut la main ce scrutin et regagné la majorité absolue des sièges au Parlement perdue il y a seulement cinq mois.

Comme le groupe Zaman, le groupe Koza-Ipek est réputé proche de l'imam Gülen, qui dirige depuis les Etats-Unis un influent réseau d'écoles, d'ONG et d'entreprises.

Le chef de l'Etat a déclaré la guerre à l'imam Gülen fin 2013, à la faveur d'un scandale de corruption retentissant qui a visé plusieurs de ses proches. Il reproche à son ex-allié d'avoir bâti un "Etat parallèle" pour le renverser.

Depuis près de deux ans, M. Erdogan a multiplié les poursuites judiciaires et les purges contre les réseaux "gülenistes".

Le gouvernement turc est régulièrement épinglé dans les capitales étrangères et par les ONG de défense de la liberté de la presse, qui lui reprochent ses pressions sur les médias.

pa/gg