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11/11/2015 07:37 EST | Actualisé 11/11/2016 00:12 EST

Transat Jacques-Vabre - Une course pas si "foils" que ça, mais...

Les nouveaux monocoques "à moustaches" (foils) n'ont pas gagné la Transat Jacques-Vabre 2015 mais ils représentent l'avenir, estiment des spécialistes, dont Vincent Riou, vainqueur dans cette classe mercredi à Itajai (Brésil) avec un "vieux" bateau.

L'affrontement tant attendu entre les Imoca (18,28 m) +archimédiens+ à dérives classiques et les +foilers+ a donc tourné à l'avantage des premiers, Riou et Sébastien Col l'emportant avec PRB, un plan VPLP-Verdier de 2010, à l'issue d'un match acharné avec Banque Populaire VIII (Armel Le Cléac'h/Erwan Tabarly) depuis le départ du Havre le 25 octobre.

Cinq +foilers+ flambant neufs, tous signés VPLP-Verdier, étaient alignés dans cette 12e édition de la Transat Jacques-Vabre et un seul -Banque Populaire VIII- est à l'arrivée. Safran (Morgan Lagravière/Nicolas Lunven), Edmond de Rothschild (Sébastien Josse/Charles Caudrelier), StMichel-Virbac (Jean-Pierre Dick/Fabien Delahaye) et Hugo Boss (Alex Thomson/Guillermo Altadill) ont abandonné, victimes d'avaries diverses.

Pourtant, affirme Riou, "les foils seront, à terme, l'arme absolue. On finira par trouver des solutions pour les fiabiliser, pour les faire fonctionner. Quand? A mon avis dans pas très longtemps. On sait tous que les foils sont l'avenir".

"A certaines allures, les bateaux +à moustaches+ peuvent aller jusqu'à 2 noeuds plus vite que les autres", souligne-t-il dans un entretien téléphonique avec l'AFP. "Pour gagner la Transat Jacques-Vabre cette année, il fallait un bateau à dérives classiques mais pour le prochain Vendée Globe (2016-2017), on peut se poser la question".

L'architecte naval Quentin Lucet, du cabinet VPLP, est du même avis et insiste sur le fait que les quatre +foilers+ qui ont abandonné l'ont fait pour des raisons différentes, encore mal connues: "pas d'amalgame, on se pose encore la question de savoir pourquoi ça a cassé".

"Y a-t-il eu une faiblesse de conception?", s'interroge-t-il dans une conversation avec l'AFP. "Les nouveaux bateaux, à foils, sont pourtant 25% plus solides que les anciens dans les zones de +slamming+, qui tapent le plus dans la mer".

- "Potentiel de vitesse exceptionnel" -

"Les nouveaux Imoca vont très vite, explique-t-il. A certaines allures (reaching, vent de travers, ndlr), ils peuvent atteindre 32 noeuds en pointe. C'est énorme. Le jeu, maintenant et après analyse des raisons de chaque abandon, va être de conserver ce gain de performance sans être pénalisé à d'autres allures".

Faut-il pour autant mettre des foils sur les +vieux+ bateaux? "On va regarder. Mais si on le fait, note-t-il, cela suppose de renforcer la structure des fonds de coques car les comportements à la mer de ces bateaux sont violents".

"Certains bateaux avaient été mis à l'eau seulement quelques semaines avant le départ de la course et n'avaient pas eu assez de temps pour être testés", rappelle pour sa part Jean Kerhoas, président de la classe Imoca.

Un total de 11 abandons (sur 20) ont été enregistrés chez les seuls Imoca mais les casses ont été très diverses, insiste-t-il lui aussi.

"Certains foils ont causé des problèmes mais les architectes et les chantiers sont au chevet, indique-t-il à l'AFP. Les +foilers+ ont un potentiel de vitesse exceptionnel mais peut-être que les efforts n'ont pas été suffisamment pris en compte. Il y a matière à interrogation et les foils ne sont certainement pas condamnés".

"Plusieurs courses sont au programme d'ici le départ du Vendée Globe, le 6 novembre 2016, et d'ici là, les bateaux auront été fiabilisés, assure-t-il. Le gain de vitesse est tellement évident, de 3 à 5 noeuds à certaines allures, que je vois mal les foils être abandonnés".

heg/RR