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11/11/2015 09:46 EST | Actualisé 11/11/2016 00:12 EST

Syrie: les pourparlers de Vienne ne doivent pas "se substituer" à ceux entre Syriens (Moscou et Téhéran)

Les pourparlers sur la Syrie samedi à Vienne ne doivent pas "se substituer" aux négociations entre opposants et représentants du régime syrien, ont déclaré mercredi les chefs de la diplomatie russe et iranienne, selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

"Les participants du Groupe de soutien à la Syrie devraient aider (le régime de Damas et l'opposition syrienne) à parvenir à un accord et non pas se substituer aux négociations entre Syriens", ont estimé Sergueï Lavrov et Mohammad Javad Zarif à l'issue d'un entretien téléphonique.

Prévue samedi à Vienne, une rencontre internationale doit tracer les contours d'une transition politique en Syrie, ravagée par quatre ans et demi de guerre.

Mais la vingtaine de pays qui y participe "ne doit pas chercher à anticiper les résultats" de pourparlers entre Damas et les représentants de l'opposition syrienne, ont estimé MM. Lavrov et Zarif.

Les deux ministres, dont les pays sont les plus fidèles soutiens du régime de Damas, ont également appelé à un "dialogue politique constructif entre Syriens".

"L'objectif principal de négociations sous ce format est de soutenir l'établissement d'un dialogue entre les Syriens eux-mêmes", en utilisant les possibilités de "tous les acteurs extérieurs qui ont de l'influence sur la situation", a insisté M. Lavrov, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue américain John Kerry mercredi soir.

Lors de cette conversation, qui a eu lieu "à l'initiative américaine", Sergueï Lavrov et John Kerry ont également évoqué le problème de "consolidation des efforts pour lutter contre le terrorisme" en Syrie, selon un communiqué de la diplomatie russe.

"Nous n'avons pas encore décidé de participer à la réunion de Vienne", a déclaré pour sa part le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, selon la télévision d'Etat.

Il a ajouté qu'en tout état de cause, M. Zarif ne sera pas présent à Vienne car il accompagne le président iranien Hassan Rohani lors de son voyage en Italie et en France.

"Nous ne permettrons pas qu'à la conférence de Vienne, les pays décident pour l'avenir de la Syrie. Tout le monde doit aider à préparer le terrain pour que les Syriens puissent décider eux-mêmes et pour ramener le calme" dans le pays, a-t-il ajouté.

Lors de cette réunion à Vienne, des groupes de travail devraient définir la liste des groupes "terroristes", avait indiqué lundi M. Zarif.

La Russie et l'Iran ne sont pas d'accord avec les Etats-Unis et leurs alliés européens et arabes sur les groupes devant être qualifiés comme "terroristes" et ceux pouvant être considérés comme faisant partie de l'opposition syrienne.

Lors de la dernière rencontre à Vienne sur la Syrie, 17 pays, dont la Russie et pour la première fois l'Iran, avaient examiné les possibilités d'un règlement politique du conflit syrien, en l'absence de représentants de l'opposition syrienne et du régime syrien.

Ils s'étaient séparés sur un profond désaccord quant au sort du président Bachar al-Assad.

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