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11/11/2015 14:01 EST | Actualisé 11/11/2016 00:12 EST

Les pays du G20 n'ont pas tenu leur promesse de lutte contre la corruption (ONG)

Les vingt premières puissances économiques de la planète n'ont pour la plupart pas tenu leurs engagements sur la transparence des entreprises, au coeur de la lutte contre la corruption, a déploré l'ONG Transparency International dans un rapport publié jeudi.

Entre 800 milliards et 2.000 milliards de dollars y sont blanchis chaque année, souvent grâce à un réseau complexe de structures anonymes, souligne Transparency dans son étude, à quelques jours du sommet annuel de ses chefs d'Etat et de gouvernement dans la station balnéaire d'Antalya (sud).

"Prenez n'importe quel scandale de corruption récent - Petrobras, la FIFA (...) - et vous constaterez qu'une entreprise secrète a été utilisée pour verser un pot-de-vin, déplacer ou cacher de l'argent volé", a constaté le directeur général de l'ONG, Cobus de Swardt.

Les pays du G20 avaient promis lors d'un sommet l'année dernière à Brisbane (Australie) de "démanteler la structure légale qui permet aux sociétés, trusts et autres entités légales anonymes (...) de transférer et dissimuler de l'argent souvent volé", rappelle Transparency dans son rapport.

Un an plus tard, "des pays sont à la traîne sur les aspects les plus essentiels qui permettent de savoir qui est vraiment derrière une société", constate l'ONG. "Seuls deux pays (du G20), l'Inde et le Royaume-Uni, exigent des sociétés qu'elles enregistrent et actualisent des informations sur leur propriétaire réel", ajoute-t-elle.

Et dans sept pays, les agents immobiliers n'ont toujours pas besoin de connaître l'identité réelle des personnes qui achètent ou vendent de la pierre, dénonce l'ONG.

"Des centaines de milliards de dollars en biens immobiliers à Londres et New York ont des propriétaires secrets", note le rapport.

Les Etats-Unis et la Chine figurent parmi les plus mauvais élèves, pointe du doigt Transparency, qui les classe dans la catégorie "structure faible", avant-dernier échelon d'un classement qui en compte cinq.

Seul le Royaume-Uni, qui a récemment adopté une législation pour établir un registre centralisé et public des bénéficiaires effectifs de sociétés, peut se targuer de mener la vie dure "aux corrompus qui veulent dissimuler leur cash", selon l'ONG.

"Nous pensons que les autres pays du G20 devraient faire de même", insiste le rapport, "la solution est aussi simple que cela".

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