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11/11/2015 04:21 EST | Actualisé 11/11/2016 00:12 EST

Israël condamne la décision de l'Union européenne d'étiqueter certains produits

BRUXELLES — Les relations entre l'Europe et Israël ont piqué du nez mercredi, quand Jérusalem a vertement condamné la décision de l'Union européenne d'identifier clairement les produits fabriqués dans des colonies de la Cisjordanie.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a accusé l'UE d'avoir adopté une «mesure exceptionnelle et discriminatoire» pour ce qu'il a appelé «des raisons politiques».

La décision de l'UE survient après des mois d'hésitation et met en relief l'insatisfaction du bloc face à la propagation des colonies israéliennes sur un territoire où les Palestiniens espèrent éventuellement créer leur État. L'Europe craint que le statu quo n'incite jamais le gouvernement israélien à modifier ses politiques.

Une fois les nouvelles étiquettes en place, les consommateurs européens pourront savoir si les biens qu'ils achètent — essentiellement des fruits et légumes — proviennent des colonies israéliennes.

La Commission européenne nie toute motivation politique et prétend que l'étiquetage n'est rien d'autre qu'une mesure technique. Elle rappelle que trois pays membres de l'UE — le Royaume-Uni, la Belgique et le Danemark — avaient déjà adopté des étiquettes spéciales, forçant l'UE à uniformiser le tout parmi ses 28 membres.

Israël croit plutôt que la mesure découle d'un mouvement international de boycottage dont elle fait l'objet. Elle souligne aussi que la décision survient à un moment où elle affronte une «vague de terrorisme», alors que se multiplient les attaques palestiniennes.

Le ministère israélien des Affaires étrangères accuse aussi l'Europe d'adopter «deux poids deux mesures», pendant que d'autres querelles territoriales sont gérées différemment.

Le ministère a prévenu que la décision pourrait avoir un impact sur les relations entre Israël et l'Union européenne.

Le nouvel étiquetage ne devrait toucher qu'environ 1 pour cent des échanges commerciaux entre Israël et l'UE, qui atteignent 30 milliards d'euros annuellement.