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11/11/2015 08:20 EST | Actualisé 11/11/2016 00:12 EST

GB: Une ville copie l'évasion fiscale des multinationales pour mieux la dénoncer

Les commerçants de la ville de Crickhowell, au Pays de Galles, veulent imiter les montages fiscaux utilisés par les multinationales pour réduire leurs impôts, afin de dénoncer ces pratiques.

Ces commerces, parmi lesquels une boulangerie, un café, ou encore une librairie, comptent bientôt soumettre leurs propositions aux autorités britanniques. Ils espèrent que d'autres villes feront de même afin de forcer le gouvernement à sévir contre l'évasion fiscale des grandes entreprises.

Cette initiative s'intègre dans le cadre d'un documentaire tourné par la BBC, qui doit sortir en 2016. Les commerçants de Crickhowell -bourgade de 2.800 habitants connue pour avoir été le lieu de naissance du géographe George Everest- bénéficient de conseils d'experts.

"Nous voulons payer nos impôts mais nous croyons fermement que les grandes compagnies devraient également payer leur juste part", a expliqué à l'AFP Jo Carthew, qui tient un atelier de fumaison à Crickhowell.

"Le montage que nous avons trouvé devrait montrer que les petits commerces, s'ils se regroupent, peuvent payer moins d'impôts en imitant les stratégies utilisées par les multinationales", a-t-elle ajouté.

"Nous voulons que cela sonne comme une menace pour le gouvernement, pour le pousser à combler les lacunes de la législation fiscale", a-t-elle ajouté, pointant que leur montage est "légal".

"Nous examinerons leur plan", a réagi un porte-parole du Trésor auprès de l'AFP, jugeant "incorrecte" l'idée que les grandes entreprises ne sont pas taxées comme il le faudrait.

"Nous avons rapatrié des dizaines de milliards de livres ces dernières années en nous assurant que les multinationales ne contournent pas les règles fiscales", a-t-il souligné.

De plus, il y a près d'un an, le gouvernement britannique a mis en place une taxe de 25% sur les bénéfices générés par les multinationales sur leur activité réalisée au Royaume-Uni mais qu'elles font sortir artificiellement du pays, surnommée "Google tax".

Cette taxe doit rapporter 1 milliard de livres (environ 1,4 milliard d'euros) sur cinq ans.

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