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11/11/2015 18:37 EST | Actualisé 11/11/2016 00:12 EST

En Corée du Sud, même les avions font profil bas pour ne pas perturber les examens

Des mesures extraordinaires étaient en vigueur jeudi en Corée du Sud, dont une suspension des décollages et atterrissages sur les aéroports, pour ne pas perturber des lycéens sous haute pression lors des examens annuels d'entrée dans les universités.

Ces tests hyper-compétitifs sont l'aboutissement de toute une scolarité pour les élèves. Leurs parents dépensent souvent une fortune afin de les préparer au mieux à ces examens qui peuvent leur ouvrir les portes des plus prestigieux campus du pays, garantie d'une belle carrière, parfois aussi d'un beau mariage.

Comme chaque année, tout le pays a donc été prié de faire profil bas pour ne pas perturber la concentration de plus de 630.000 élèves.

Parmi les mesures exceptionnelles, une suspension pendant 35 minutes des décollages et atterrissages sur tous les aéroports, qui coïncidera avec la principale épreuve de compréhension orale.

Le ministère des Transports a précisé que 69 vols avaient dû être reprogrammés et que quatre vols intérieurs étaient carrément annulés pour la journée.

Tous les vols à l'arrivée ont par ailleurs pour consigne de maintenir une altitude supérieure à 3.000 mètres et d'attendre l'autorisation pour amorcer leur descente.

Toutes les administrations, les principaux commerces et la Bourse ont ouvert une heure plus tard pour limiter les embouteillages et permettre aux élèves d'arriver à l'heure pour le début des examens à 08h40 (23h40 GMT).

Les malheureux néanmoins coincés dans la circulation pouvaient appeler le 112 et recevoir l'aide des voitures et motards de la police prêts à intervenir.

A l'extérieur d'un centre d'examen de Séoul, des enfants brandissaient des pancartes d'encouragement pour leurs aînés.

Pour tous les lycéens, ces concours sont une étape capitale, engendrant une pression accusée d'en pousser certains jusqu'à la dépression, voire au suicide.

Jeudi était une journée particulièrement spéciale pour les élèves du lycée Danwon d'Ansan, près de Séoul.

En avril 2014, 325 jeunes de cette école se trouvaient à bord du ferry Sewol qui a sombré au large des côtes méridionales, vraisemblablement déséquilibré par un excédent de charge.

Le naufrage a fait quelque 300 morts, dont 250 élèves ainsi que dix enseignants qui les encadraient à l'occasion d'un voyage scolaire.

La plupart des survivants, qui ont l'âge de se présenter cette année aux examens, ont refusé les passe-droits proposés vers l'université.

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