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11/11/2015 00:53 EST | Actualisé 11/11/2016 00:12 EST

Chine: record de ventes pour Alibaba lors de la "fête des célibataires"

La "fête des célibataires", évènement commercial qui donne lieu en Chine à une frénésie d'achats en ligne, a de nouveau permis mercredi au géant du secteur Alibaba de battre un record de ventes de plusieurs milliards d'euros, dans une économie en plein ralentissement.

Le 11 novembre (11/11), appelé "double-onze" en Chine, est célébré comme le "jour des célibataires", en raison de la succession de "1" dans la date.

Depuis 2009, Alibaba saisit l'occasion pour doper ses ventes ce jour-là, à grand renfort de promotions censées consoler les personnes esseulées, mais séduisant tout le monde.

A 11h49 mercredi, les internautes chinois avaient déjà dépensé sur la populaire plateforme d'achat en ligne Tmall --propriété d'Alibaba-- autant que lors de l'ensemble de l'édition 2014, a annoncé le site, soit 57,1 milliards de yuans (8,34 milliards d'euros), l'équivalent du PIB annuel des Bahamas et plus du tiers de celui de Chypre.

Selon Tmall, les achats ont été effectués aux trois-quarts via smartphones et tablettes.

Impatients de bénéficier d'importants rabais sur les téléphones portables, sacs griffés ou autres appareils électroménagers, beaucoup d'internautes ont veillé la nuit dernière afin d'être les premiers à passer leurs achats dès minuit et le début de l'opération.

En l'espace d'une minute et 12 secondes, ils avaient déjà dépensé un milliard de yuans (146 millions d'euros).

Désormais, près de 10% des ventes de détail en Chine recouvrent des opérations sur internet: sur les 10 premiers mois de l'année, les ventes en ligne se sont envolées de quasiment 35%, à 2.950 milliards de yuans (431 milliards d'euros), selon les chiffres officiels, dans un pays comptant près de 670 millions d'internautes.

- 'House of Cards' et 007 -

Alibaba entendait cette année donner une connotation plus internationale à l'événement en faisant appel à des célébrités étrangères.

L'acteur américain Kevin Spacey, interprétant son personnage de président américain de la série "House of Cards" --très populaire en Chine--, était ainsi le héros d'une vidéo publicitaire de Tmall.

Mardi soir, le comédien Daniel Craig --qui incarne James Bond-- était quant à lui apparu en costume impeccable aux côtés du charismatique patron d'Alibaba, Jack Ma, lors d'un gala télévisé destiné à séduire les consommateurs, après plusieurs jours de matraquage publicitaire dans les médias et d'affichage dans les rues, métros et centres commerciaux du pays.

Le numéro deux du secteur en Chine, JD.com, profite lui aussi à plein de la frénésie consommatrice du 11 novembre, et dispute âprement à Alibaba les faveurs des internautes. Entre les deux, la bataille fait rage, dans une surenchère d'annonces et de promotions.

JD.com n'a publié aucun chiffre de ventes pour mercredi mais a simplement déclaré avoir, en 10 heures, enregistré plus de 10 millions de transactions.

- 'Le poulet se plaint du canard' -

La compagnie a par ailleurs saisi la semaine dernière les autorités de la concurrence, accusant Alibaba de faire illégalement pression sur les commerçants, les contraignant à ne vendre leurs produits que sur une seule plateforme en ligne.

Alibaba avait répliqué sur le ton du sarcasme, estimant que son rival "paniquait". "Aujourd'hui, on voit le poulet se plaindre du canard et l'accuser de prendre toute la place sur la mare", s'était gaussé un porte-parole du groupe, cité par des médias locaux.

Alibaba ne vend rien directement mais sert d'intermédiaire: sa plateforme Taobao contrôle 90% du marché chinois des transactions de particulier à particulier, et son site Tmall représente 50% des ventes en ligne de professionnels à particuliers.

L'entreprise est régulièrement critiquée pour la forte proportion de contrefaçons proposées sur ses plateformes, ce qui lui vaut de graves contentieux avec des groupes occidentaux du secteur du luxe.

Plus de 40% des produits vendus en ligne en Chine l'an dernier étaient soit contrefaits soit de "très mauvaise qualité", a récemment indiqué l'agence Chine nouvelle, citant un rapport officiel.

Très peu présent à l'étranger, Alibaba ne cache pas ses ambitions internationales et avait fait une entrée en fanfare l'an dernier à la Bourse de New York. C'est d'ailleurs en sonnant "à distance" mercredi l'ouverture des marchés new-yorkais qu'Alibaba clôturera cette journée de consumérisme effréné --version chinoise du "Black Friday" à l'américaine.

jug-ehl/at