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11/11/2015 08:13 EST | Actualisé 11/11/2016 00:12 EST

Cancer du sein: un espoir pour protéger le coeur pendant la chimiothérapie

ORLANDO, Fla. — Plusieurs traitements pour lutter contre le cancer peuvent avoir comme effet secondaire d'endommager le coeur.

Une nouvelle étude suggère que les risques pourraient être amoindris chez les femmes souffrant d'un cancer du sein si les patientes prenaient un médicament pour le coeur de manière préventive au même moment où elles suivent leur chimiothérapie.

Si ces résultats se confirment par des études plus larges, cette nouvelle mesure pourrait améliorer les soins fournis à des milliers de femmes se faisant diagnostiquer un cancer du sein chaque année.

Des hommes et des femmes atteints d'un autre type de cancer pourraient également bénéficier de cette avancée.

Les résultats de cette étude, qui a été menée en Norvège par la docteure Geeta Gulati de l'hôpital universitaire Akershus de Lorenskog, ont été présentés mercredi à la conférence de l'Association américaine des maladies du coeur qui se tient à Orlando, en Floride.

Actuellement, les patients souffrant d'un cancer sont suivis par un cardiologue après que certaines chimiothérapies ou radiothérapies eurent affecté leur muscle cardiaque.

«Si vous attendez que la maladie se développe, il pourrait déjà être trop tard», résume le docteur Javid Moslehi de l'Université Vanderbilt à Nashville, au Tennessee. «Nous devons faire un meilleur travail pour prévenir l'apparition de problèmes cardiaques plutôt que d'intervenir une fois que les dommages sont faits», poursuit-il.

La radiothérapie peut causer des torts aux artères et au rythme cardiaque. Des médicaments tels que l'Herceptin et l'Adriamycin peuvent s'attaquer à la capacité du coeur à pomper le sang.

«Nous donnons ce poison aux patients pour une raison», parce que cela combat le cancer, mais les problèmes cardiaques peuvent être «le côté sombre de ces traitements», explique la docteure Ann Partridge, une spécialiste du cancer du sein à l'Institut de cancérologie Dana-Farber de Boston.

Pour le bien de cette recherche, 120 femmes atteintes d'un cancer du sein à un stade précoce ont testé deux médicaments utilisés pour traiter la haute pression et l'insuffisance cardiaque, le Candesartan et le Metoprolol.

Certaines ont pris un médicament, d'autres les deux, alors qu'un groupe contrôle n'a reçu que des placebos. La capacité de pompage de leur coeur a été testée tout au long de l'étude.

Les résultats révèlent que le Metoprolol n'a pas protégé le coeur, mais le Candesartan, oui, dans une faible mesure. La capacité de pompage du coeur de celles qui ont pris ce médicament s'est accrue de 2 à 3 pour cent. Quant aux femmes du groupe contrôle, les dommages cardiaques qu'elles ont subis ont empiré.

Bien que l'amélioration soit mineure, elle représente un espoir pour les chercheurs et les patients.