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11/11/2015 08:10 EST | Actualisé 11/11/2016 00:12 EST

Ambassade de France contre travaux "pharaoniques": querelle de voisins à Londres

L'ambassade de France à Londres est engagée dans une querelle de voisinage dans son "allée des milliardaires" avec un ex-magnat de l'immobilier qui veut creuser un sous-sol "pharaonique" pour héberger sa collection de voitures de luxe.

L'affaire a été examinée pour le deuxième jour consécutif mercredi devant la Haute Cour de Londres. Elle a pour cadre Kensington Palace Gardens, soit l'une des rues les plus chères au monde, où s'alignent, en plein coeur de Londres, les demeures des grandes fortunes et les résidences diplomatiques, dont celle de l'ambassadeur de France.

Au numéro 10, l'homme d'affaires Jon Hunt a racheté un hôtel particulier peu après avoir vendu en 2007, juste avant le crash financier, l'agence immobilière Foxtons pour 370 millions de livres (520 millions d'euros).

En 2008, il a déposé un permis de construire pour créer en sous-sol de cette ancienne ambassade soviétique un grand "garage-musée" pour y exposer sa collection de voitures de luxe.

"Un truc délirant, absolument gigantesque" qui demanderait des années de travaux "pharaoniques", selon une source proche du dossier.

Depuis, la querelle juridique bat son plein avec l'ambassade de France, située juste à côté de la demeure de Jon Hunt. Les représentants de l'ambassade estimant que les nuisances engendrées par les travaux prévus par l'homme d'affaires empêcheraient tout simplement "la France de travailler".

"L'ambassade de France a engagé ce contentieux pour préserver sa capacité à utiliser la résidence. Celle-ci est un outil de travail indispensable à la conduite de son activité diplomatique et de représentation", a expliqué un porte-parole de l'ambassade à l'AFP.

Alexandre Terrasse, qui défend l'ambassade dans ce dossier, estime même que le projet "enfreint la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 en menaçant directement l'intégrité et la sécurité de notre résidence".

L'avocat de M. Hunt argue, lui, que "les autorités françaises ne veulent tout simplement pas" que son client "aménage le sous-sol" de cette demeure inhabitée depuis plusieurs années.

"L'ambassade ne conteste pas le droit de M. Hunt d'engager des travaux dans sa résidence, mais l'ampleur des travaux envisagés", répond l'ambassade qui assure ne pas en faire une affaire de principe.

Elle fait remarquer en revanche que, depuis 2008, la législation sur l'aménagement de tels sous-sols est devenue beaucoup plus restrictive.

"Le contentieux juridique porte donc sur la question de savoir si le permis délivré il y a plusieurs années, sur la base de l'ancienne réglementation plus permissive, est encore valable. La France estime que non car les travaux n'ont pas commencé. M. Hunt doit donc soumettre une nouvelle demande qui respecte la réglementation actuelle ainsi que les exigences diplomatiques de son voisinage", conclut l'ambassade.

M. Hunt assure lui que les travaux ont déjà commencé.

Une décision sera rendue "dès que possible", a déclaré un juge de la Haute Cour.

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