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10/11/2015 22:22 EST | Actualisé 10/11/2016 00:12 EST

Afghanistan: manifestation à Kaboul contre les violences anti-chiites

Plusieurs milliers de personnes défilaient mercredi matin à Kaboul pour dénoncer les violences commises contre les Hazaras, une minorité chiite dont sept membres ont été décapités dans le sud-est de l'Afghanistan la semaine dernière.

Aux cris de "vengeance!" et "respectez-nous!", les manifestants, dont une bonne part de Hazaras, ont entamé leur marche sous la pluie dans l'ouest de la capitale afghane, selon un journaliste de l'AFP présent sur place. Ils se dirigeaient vers le palais présidentiel en transportant les cercueils des sept victimes.

"Aujourd'hui, ils nous tuent, demain ce sera votre tour", disait une pancarte, une référence explicite aux rebelles talibans et aux militants se réclamant de l'organisation de l'Etat islamique, accusés d'avoir décapité quatre hommes, deux femmes et un enfant hazaras dans le sud-est de l'Afghanistan.

Les corps ont été découverts par les autorités locales dimanche dans la province de Zaboul où se déroulent des combats meurtriers entre factions talibanes rivales depuis samedi.

Les Hazaras, chiites dans leur quasi-totalité, représentent environ 10% de la population afghane. Ils ont été persécutés notamment par les talibans sunnites à l'époque où ces derniers dirigeaient l'Afghanistan, entre 1996 et 2001.

Aujourd'hui, ils s'estiment insuffisamment protégés par le pouvoir afghan contre les rebelles islamistes qui ont, ces derniers mois, étendu leur insurrection aux provinces du nord de l'Afghanistan autrefois relativement stables.

"Nous voulons que justice soit faite. Nous allons vers le palais présidentiel pour demander des comptes à nos dirigeants qui brillent par leur incompétence", a déclaré à l'AFP Mohammed Hadi, un manifestant hazara de 42 ans.

Mardi, les services de renseignement afghans ont annoncé avoir libéré huit otages hazaras dans la province de Ghazni, au centre du pays. Dans la foulée, le président Ashraf Ghani a assuré que les forces de sécurité mettraient tout en oeuvre pour retrouver les meurtriers des sept Hazaras décapités, des "assassins" qui cherchent selon lui à "semer la discorde et la peur" en Afghanistan, dont la population est une mosaïque ethnique et religieuse.

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