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10/11/2015 14:41 EST | Actualisé 10/11/2016 00:12 EST

Un voyage bien spécial pour le CH

Fébrilité mardi dans les estrades du Complexe sportif Bell. Les papas des joueurs assistaient attentivement à l'entraînement de fiston, avant le voyage traditionnel pères-fils du CH qui les mène à Pittsburgh.

Un texte de Diane Sauvé

Carey Price n'est peut-être pas rétabli, mais son père Jerry l'accompagnera.

« C'est fantastique! » lance papa Price. << On s'amuse beaucoup, on mange beaucoup. On fait connaissance avec les autres parents et joueurs. >>

Pour lui et les autres paternels, c'est un pas dans le quotidien des joueurs. « Très éclairant »  pour Jerry Price qui n'en est pas à sa première expérience avec Carey.

Mais pour Ted Condon, le père de Mike, c'est tout nouveau.

« Mon père n'a jamais voyagé avec moi à aucun niveau », explique Mike Condon.

Si le gardien recrue réussit à bien cacher ses émotions malgré le conte de fées qu'il vit à ses débuts dans la LNH, c'est tout le contraire pour son paternel.

« Si tu avais rêvé ça, tu n'y aurais pas cru, commence Ted Condon. On se pince encore. Il joue pour la plus grande équipe au monde et il gagne. Un jour, il va perdre et il faudra être prêt à ça. Je ne peux pas croire tout ce qui arrive. »

Ted Condon est un colosse sympathique et sergent pour la police du Massachusetts, à l'unité des arrestations des fugitifs dangereux.

À l'écouter parler du parcours singulier de son fils, on comprend pourquoi il se pince encore.

« On travaille tous les uns pour les autres. Son frère a aidé aussi. Ça n'a pas été facile, mais je crois que ça l'a aidé mentalement. Il a connu un parcours académique difficile. Il a fréquenté l'Université Princeton. C'est un milieu où c'est difficile de tirer son épingle du jeu. Après, la Ligue de la côte Est, les voyages en autobus et maintenant la Ligue nationale. On est privilégiés. Le travail a fini par payer. Ça ne se passe pas toujours comme ça. »

Ted Condon raconte que l'important pour la famille, c'est que fiston Mike soit resté actif et à l'école, car « les blessures ne sont jamais très loin. »

Ses débuts comme gardien ?  « Comme la plupart des gardiens : avec un grand frère dans l'entrée de garage. C'était des balles de tennis à l'époque. Son grand frère a cinq ans de plus que Mike alors les gars le mettaient devant le filet. Il était bon alors il a gagné en confiance. C'est comme ça que ça a commencé. »

Dans le vestiaire, son fils Mike répond les bonnes choses. Jamais un mot plus haut que l'autre. Mais ça n'a pas toujours été le cas, révèle papa Condon. Il avait du tempérament.

« Il est rouquin. Il était très en compétition avec son frère aîné, mais il avait toujours un petit désavantage étant cinq ans plus jeune. Ça le frustrait, mais il a composé avec ça. »

Mike Condon répond à la blague qu'il devra lui dire maintenant quoi raconter aux journalistes. Puis il reprend l'hommage déjà fait à son père.

« Il est celui qui m'a montré où le travail et la détermination peuvent mener. Tout ce que j'ai fait, c'est suivre son exemple. »

Un père restera toujours un père

Les moments sont peut-être moins réjouissants du côté de la famille Price avec la blessure de Carey. Et on ne peut pas empêcher un père de s'en faire.

« On demeure toujours un père, lance Jerry Price. On veut être là pour lui dans les bons ou les mauvais moments. Je ne sais pas si je m'inquiète pour lui, mais je veux qu'il soit bien et heureux. C'est le principal. »

Papa Price rajoute que son fils est d'une belle résilience. << Il ne déprime pas ou ne s'emballe pas. Il a toujours confiance en ses moyens. Et ne se considère jamais comme une victime. Il fait juste penser aux moyens de devenir meilleur et de passer au travers. >>

Serez-vous surpris d'apprendre que Jerry Price est fier de son fils. Mais aussi fier de l'homme qu'il est devenu.

« Carey aime la ville, les fans et le Canadien de Montréal. »

Ne reste plus qu'une victoire au CH pour couronner ce voyage.

Michel Therrien, accompagné de Jean-Claude Morrissette (son ancien patron avec le Titan de Laval et les Bisons de Granby), a d'ailleurs mis un peu de pression sur les paternels.

« Il y a deux ans, les papas n'ont pas eu une bonne fiche: aucune victoire et deux défaites. Ils sont mieux de faire un meilleur travail. (sourires). »