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10/11/2015 06:35 EST | Actualisé 10/11/2016 00:12 EST

RDC : huit arrestations au siège d'un parti d'opposition à Lubumbashi

Huit militants d'un parti congolais récemment passé à l'opposition ont été arrêtés mardi par l'armée à Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, selon des témoins et cette formation.

L'armée affirme que ces arrestations résultent de la traque de membres du service d'ordre de ce parti, l'Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec), recherchés pour avoir incendié la maison d'un dissident du parti, ce que dément l'Unafec.

Vers 11h00 (09h00 GMT), selon des témoins, des soldats ont fait irruption au siège de l'Unafec où ils ont arrêté huit personnes et déchiré à l'extérieur du bâtiment la grande affiche à l'effigie de Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président de l'Unafec et de l'assemblée provinciale de la province du Haut-Katanga, dont Lubumbashi est la capitale.

Un journaliste de l'AFP a constaté que l'affiche avait effectivement disparu.

Selon les témoins, les soldats ont tiré des rafales en l'air et des grenades lacrymogènes pour disperser la foule qui se pressait autour du siège du parti, occasionnant une bousculade ayant fait "plusieurs blessés".

Le général Philémon Yav, chef de la région militaire basée à Lubumbashi, a confirmé des arrestations au siège de l'Unafec sans en préciser le nombre.

"Les militaires sont allés [...] prêter main forte à la police qui était à la recherche de jeunes [Nzulu, le service d'ordre de l'Unafec] qui ont mis le feu cette nuit à la maison d'un ancien [proche de M. Kyungu] qui a fait défection" du parti, a-t-il déclaré à l'AFP.

Interrogé par l'AFP, M. Kyungu a rejeté ces allégations et mis le général "au défi" de prouver ses dires, accusant l'armée d'avoir passé "à tabac" les huit militants arrêtés.

Selon le général Yav, "quelques" autres Nzulu ont également été arrêtés ailleurs en ville.

L'Unafec appartient au G7, groupe de sept partis dont les dirigeants ont été exclus de la majorité en septembre après avoir mis en garde le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, contre la tentation de s'accrocher à son poste.

Le climat politique est très tendu en RDC. L'opposition accuse le chef de l'État de chercher à contourner par tous les moyens l'interdiction constitutionnelle qui lui est faite de se représenter.

La présidentielle devant avoir lieu avant la fin novembre 2016 paraît aujourd'hui incertaine et M. Kabila s'apprête à convoquer un "dialogue national" en vue d'"élections apaisées" qu'une grande partie de l'opposition dénonce comme une manoeuvre dilatoire.

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