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10/11/2015 00:53 EST | Actualisé 10/11/2016 00:12 EST

Prostitution infantile: le Japon proteste contre les propos d'une représentante de l'ONU

Le gouvernement japonais a demandé à une représentante des Nations unies, qui avait affirmé que 13% des écolières japonaises acceptaient des rendez-vous rémunérés pouvant comprendre une relation sexuelle, de se rétracter.

Le ministère des Affaires étrangères a indiqué avoir récemment déclaré au bureau du Haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'Homme que ces propos tenus à Tokyo le mois dernier étaient "inappropriés et extrêmement regrettables".

Il est "inacceptable" que la représentante des Nations unies ait cité "des informations non fiables" sans source, a indiqué le ministère dans un communiqué diffusé lundi soir.

En octobre, Maud de Boer-Buquicchio, rapporteur spécial de l'ONU sur le trafic d'enfants, la prostitution infantile et la pornographie impliquant des mineurs avait abordé la pratique de l'"enjo kosai" par laquelle des adolescentes accompagnent des hommes le temps d'une sortie contre rémunération.

"Quelque 13% des écolières japonaises s'adonnent à ce genre d'activité, qui sans doute commence de façon relativement innocente", avait-elle déclaré.

Cette querelle met en lumière un phénomène apparu dans les années 1990 au Japon, pays où les jeunes filles sont souvent représentées dans les médias de façon sexuellement très suggestive.

Par l'"enjo kosai", des hommes rémunèrent des adolescentes pour une sortie qui peut conduire à une relation sexuelle, tandis que l'expression "JK", abréviation japonaise de "lycéenne", fait référence à des opérations plus organisées au cours desquelles des lycéennes peuvent faire des massages, s'allonger près d'un homme ou faire une promenade à pied avec lui.

Le département américain d'Etat avait dans un rapport l'an dernier affirmé que "l'enjo kosai (...) continuait à faciliter la prostitution des enfants japonais".

En réponse aux protestations du ministère japonais des Affaires étrangères, Mme de Boer-Buquicchio a déclaré dans un communiqué n'avoir "pas reçu de statistiques officielles sur l'ampleur du +marché des JK+ dans le pays" au cours de son voyage.

"Cependant, nombre de mes interlocuteurs en ont parlé comme d'une tendance inquiétante pouvant facilement mener à l'exploitation sexuelle des mineures impliquées dans ce commerce lucratif", a-t-elle dit.

"Au cours de la conférence de presse, j'ai fait référence à des estimations que j'avais vues (...) afin de mettre en lumière un phénomène qui doit être traité d'urgence".

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