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10/11/2015 06:47 EST | Actualisé 10/11/2016 00:12 EST

Primaires républicaines: l'écrémage commence, 8 candidats au débat de mardi

Huit des 15 candidats à l'investiture présidentielle du parti républicain ont passé la sélection pour le quatrième débat de la saison mardi, les têtes d'affiche restant Donald Trump et Ben Carson, ce dernier étant sur la défensive sur son passé.

Le débat, diffusé depuis Milwaukee (Wisconsin, nord) par la chaîne économique Fox Business, commencera à 02H00 GMT mercredi. Quatre autres candidats débattront deux heures avant.

Face à la surabondance de candidats aux primaires, les chaînes ont adopté cet été un format double: un débat principal pour les candidats les mieux placés dans les sondages auprès des électeurs républicains, et un débat secondaire, diffusé avant, pour les derniers.

Mais Fox Business a durci ses critères et seuls huit candidats, au lieu de dix jusqu'à présent, accèderont à la scène principale. Ceux qui n'atteignent pas 1% de moyenne n'auront même pas accès au "petit" débat.

Les primaires commenceront dans un peu moins de trois mois, le 1er février dans l'Iowa (centre) et le 9 février dans le New Hampshire (nord-est). Pour l'instant, les deux outsiders Donald Trump, un milliardaire, et Ben Carson, neurochirurgien à la retraite, monopolisent le haut des sondages. Ils représentent ensemble environ la moitié des intentions de vote des républicains.

Suivent les sénateurs Marco Rubio (Floride, sud-est) et Ted Cruz (Texas, sud), deux quadragénaires qui ont su profiter des joutes précédentes pour se distinguer et gagner en notoriété.

Le premier, fils d'immigrés cubains, joue la carte du changement de génération, tandis que Ted Cruz, un brillant avocat qui a gagné des affaires devant la Cour suprême, drague les plus conservateurs de l'électorat républicain.

La prestation de Jeb Bush, sur qui l'establishment républicain pariait en début d'année, sera observée de près. L'ex-gouverneur de Floride se présente comme l'anti-Trump, sérieux et préparé, mais son verbe est déficient et il manque de punch. Au dernier débat, il y a deux semaines, il s'est laissé marcher sur les pieds.

- 'Médias hostiles' ? -

Quant à Ben Carson, ses prestations ont été languides jusqu'à présent, mais sans freiner son embellie.

Il pourrait utiliser la tribune de mardi pour dénoncer les médias qui décortiquent depuis plusieurs jours les vieilles histoires racontées par le médecin dans des discours et des livres. Les journalistes ont du mal à confirmer ces anecdotes, notamment une éventuelle offre d'admission à l'académie militaire West Point, ou une violente altercation au couteau lorsque Ben Carson était adolescent, l'un des événements déclencheurs de sa supposée rédemption.

Le médecin a accusé le "mouvement laïc" de le cibler. "Je représente une grande menace car, d'après les sondages, ils voient que je suis le meilleur candidat contre Hillary Clinton", a-t-il affirmé dimanche.

Une polémique avait éclaté lors du débat d'octobre, sur la chaîne concurrente CNBC, les journalistes modérateurs ayant été accusés d'avoir maltraité les candidats en leur coupant la parole et en leur tendant des pièges --illustration de la conspiration médiatique qui existe selon eux contre les conservateurs.

"Depuis la campagne de 1992, les républicains ont adopté la position selon laquelle les médias leur sont hostiles et traitent injustement leurs arguments", explique Ben Voth, professeur de communication à la Southern Methodist University.

Mais le format des débats tend inévitablement au conflit, "c'est la tendance naturelle des médias", dit-il à l'AFP.

La chaîne-mère NBC a néanmoins été sanctionnée par le parti républicain et privée du débat qu'elle devait organiser en février, tandis que des candidats ont menacé de négocier eux-mêmes leurs conditions de participation, par exemple en interdisant les plans de coupe ou en imposant des temps de parole plus longs.

Le débat de mardi "permettra de tourner la page du débat de CNBC", a estimé Reince Priebus, président du parti républicain, qui avait parlé d'un "sandwich à la merde".

Les journalistes de Fox Business, Maria Bartiromo et Neil Cavuto, ont affiché leur intention de rester focalisés sur le fond, la soirée étant consacrée à l'économie et l'emploi.

Donald Trump lui-même n'a pour une fois pas dit craindre d'être malmené.

"Je pense que les questions seront très justes, à l'inverse de la catastrophe de la dernière fois", a-t-il affirmé.

Il est entré mardi matin sur le terrain choisi pour le débat, l'économie, pour une nouvelle sortie contre la Chine qu'il accuse d'avoir dévalué sa monnaie dans le seul but de soutenir ses exportations.

"Nous perdons 400 milliards par an face à la Chine à cause de déséquilibres", a assuré Donald Trump sur ABC. "Ils nous tuent".

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