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10/11/2015 03:39 EST | Actualisé 10/11/2016 00:12 EST

Les résultats officiels du vote en Birmanie se font attendre

RANGOUN, Myanmar — Les résultats officiels du vote en Birmanie se font toujours attendre, même si le parti de l'opposante Aung San Suu Kyi affirme avoir remporté une victoire suffisamment imposante pour décrocher la présidence et relâcher l'emprise des militaires sur le pouvoir.

Mme Suu Kyi a déclaré à la BBC britannique que sa Ligue nationale pour la démocratie (LND) s'attend à décrocher 75 pour cent des 664 sièges qui étaient en jeu au parlement.

La commission électorale n'a dévoilé de résultats que pour 88 sièges, en accordant 78 à la LND et cinq au parti au pouvoir après le vote de dimanche. Elle n'a pas expliqué la lenteur du dévoilement.

Un proche de Mme Suu Kyi, Tin Oo, a plus tard déclaré à l'Associated Press que la LND obtiendra «près de 81 pour cent» des votes, selon des calculs préliminaires. Il n'a pas fourni plus de détails.

Les délais commencent toutefois à en inquiéter certains. Un porte-parole de la LND, Win Tien, a lancé aux journalistes que la commission électorale «retarde volontairement (l'annonce des résultats) peut-être parce qu'elle veut nous jouer un tour ou quelque chose du genre».

Il a ajouté qu'il est illogique pour la commission de dévoiler les résultats au compte-gouttes.

Ces soupçons font planer une ombre inquiétante sur un scrutin qui, jusqu'à maintenant, semblait se dérouler de manière plutôt conviviale, puisque le parti au pouvoir semblait accepter sa défaite avec bonne grâce.

La junte militaire alors au pouvoir avait refusé de reconnaître la victoire écrasante de la LND lors du vote de 1990. Mme Suu Kyi croit toutefois que cela ne se produira pas cette fois, même si le gouvernement sortant était dirigé par l'ancien général Thein Sein.

«(Les militaires) ont répété qu'ils respecteront la volonté du peuple et l'issue de l'élection, a-t-elle dit à la BBC. L'époque est différente, les gens sont différents (...) Ils sont plus au fait de ce qui se passe autour d'eux. Et puis, évidemment, la révolution des communications a un impact énorme. Tout le monde va sur le Net et informe tous les autres de ce qui se passe, alors ça complique la vie de ceux qui voudraient être malhonnêtes.»

Les observateurs internationaux ne croient pas non plus que l'armée ait avantage à interférer. Peu importe l'issue du scrutin, elle conservera les ministères de la Défense, de l'Intérieur et de la Sécurité des frontières. Elle contrôle aussi de larges secteurs de l'économie nationale et 25 pour cent des sièges parlementaires lui sont réservés, ce qui lui permet de bloquer tout amendement constitutionnel.

Une forte majorité de la LND au sein du Parlement pourrait toutefois lui permettre de remporter la présidence et un poste de vice-président, ce qui lui donnerait une emprise sur la législation, la politique économique et les affaires étrangères. Mme Suu Kyi ne pourrait toutefois pas être élue présidente, puisque la Constitution exclut de ce poste toute personne ayant un mari ou un enfant étranger — une clause qui a été ajoutée spécifiquement pour elle.

Les observateurs internationaux se sont déclarés satisfaits du déroulement du vote.