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10/11/2015 02:38 EST | Actualisé 10/11/2016 00:12 EST

Le Royaume-Uni veut réformer l'Union européenne

LONDRES — Le premier ministre britannique David Cameron a présenté mardi de multiples demandes de réformes à l'Union européenne, en estimant que cela n'a rien d'une «mission impossible».

M. Cameron a déclaré que l'UE doit accepter des «changements irréversibles» — et restreindre la liberté de mouvement en permettant à Londres de réduire les avantages sociaux offerts aux migrants qui arrivent d'autres membres du bloc — dans le cadre des vastes réformes qu'il propose.

Le Royaume-Uni organisera d'ici la fin de 2017 un référendum sur son appartenance à l'Union européenne. M. Cameron affirme qu'il souhaite demeurer membre du groupe, s'il réussit à obtenir plus d'autonomie pour son pays. Il a ajouté que ce vote sera le plus important «de toute la vie» des Britanniques.

M. Cameron a énuméré ses demandes lors d'un discours prononcé mardi à Londres et dans une lettre transmise à Donald Tusk, le président du Conseil européen, ce qui marque le début d'une campagne acrimonieuse pour arracher des concessions aux autres leaders européens. Il a admis qu'obtenir l'accord des 27 autres pays sera difficile.

La Commission européenne a rapidement prévenu que certaines des demandes de M. Cameron sont «fortement problématiques».

M. Cameron a déclaré que Londres recherche des changements dans quatre domaines, y compris une protection pour des pays comme le Royaume-Uni qui n'utilisent pas l'euro, moins de bureaucratie et une plus grande liberté pour les parlements nationaux de refuser les règles adoptées à Bruxelles.

«Nous sommes une nation fière et indépendante. Nous avons l'intention de le demeurer», a lancé le premier ministre. Il a ajouté que le Royaume-Uni souhaite être exempté de manière «claire, irréversible et légalement contraignante» d'une union sans cesse plus étroite.

Le point le plus épineux concerne le désir de Londres de s'attaquer aux «abus de la liberté de mouvement, en nous permettant de contrôler la migration en provenance de l'Union européenne». M. Cameron a précisé que Londres veut refuser aux migrants européens les exemptions d'impôt et d'autres avantages accordés aux travailleurs pendant leurs quatre premières années au Royaume-Uni.

Cette demande risque d'être inacceptable aux yeux de plusieurs leaders européens, qui voient le libre-déplacement des individus et des marchandises comme une pierre d'assise du bloc.

«Nous ne voulons pas détruire ce principe, a assuré M. Cameron. Mais la liberté de mouvement n'a jamais été un droit absolu.»

Un porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, a prévenu mardi que certaines des demandes de M. Cameron pour maintenir son pays au sein de l'UE sont faisables, mais que d'autres vont de «difficiles à pires».

Il s'est spécifiquement arrêté aux restreintes qui seraient imposées à la liberté de mouvement.

«Certains items sont hautement problématiques puisqu'ils touchent les libertés fondamentales de notre marché intérieur; la discrimination directe entre citoyens de l'UE tombe clairement dans cette catégorie», a-t-il dit.