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10/11/2015 07:26 EST | Actualisé 10/11/2016 00:12 EST

Le Parlement tunisien enterre à tort une militante algérienne

Le Parlement tunisien a été plongé dans l'embarras mardi après avoir prié, en séance plénière, à la mémoire de la militante algérienne Djamila Bouhired, à la suite de l'annonce, erronée, de son décès par une députée.

Sur une vidéo de la séance, relayée par des médias locaux, Yamina Zoghlami, du parti islamiste Ennahda, annonce la mort de Mme Bouhired, l'air attristé. Président de séance, Abdelfattah Mourou, issu de la même formation, prend à son tour la parole.

"S'il y a quelqu'un d'autre qui est mort, vous me le dîtes pour réciter la fatiha pour tout le monde", déclare-t-il, tandis que les députés commencent à se lever pour rendre un hommage.

La fatiha est alors récitée dans l'hémicycle, comme cela est le cas pour rendre hommage à l'âme du défunt.

Quelques temps après, Abdelfattah Mourou, également vice-président du Parlement, intervient à nouveau, manifestement mécontent, pour faire état d'un message de l'ambassade d'Algérie.

"On vient d'être informé par l'ambassade algérienne qu'elle est en vie. (...) Madame Zoghlami, tu as tué cette femme et nous avons lu la fatiha alors qu'elle encore en vie!", s'exclame-t-il, d'après la bande sonore mise en ligne par la radio privée Jawhara FM.

Le responsable ne cache pas son embarras. "Qu'est-ce qu'on fait de la fatiha maintenant?", s'interroge-t-il, avant de sermonner la députée. "Vérifiez avant de nous demander de réciter la fatiha", insiste-t-il.

Née en 1935, Djamila Bouhired est une figure historique de la lutte pour l'indépendance algérienne. La rumeur de sa mort avait circulé ces derniers jours sur les réseaux sociaux, par le biais notamment de photos accompagnées de message de sympathie envers "une grande combattante".

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