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10/11/2015 12:36 EST | Actualisé 10/11/2016 00:12 EST

Le chef d'état-major s'inquiète du suicide dans l'armée et promet de faire plus

OTTAWA — Le chef d'état-major de la défense s'inquiète du phénomène de suicides au sein des Forces armées canadiennes et presse les militaires qui auraient besoin d'aide de consulter sans crainte.

Dans une déclaration qui s'adresse à tous les militaires, le général Jonathan Vance admet mardi que l'armée doit améliorer son programme de prévention du suicide et qu'à la demande du ministre de la Défense, il fera ce qui est nécessaire «afin de déterminer les mesures devant être prises pour procurer» aux militaires «l'aide dont ils ont besoin».

Dans un rapport sur la mortalité par suicide au sein des Forces, le médecin général de l'armée concluait en juin dernier que le taux de suicide dans l'armée, normalisé en fonction de l’âge et du sexe, ne diffère pas du taux de suicide dans la population canadienne. 

Par ailleurs, au sein même de l'armée, les militaires qui ont déjà été déployés à l'étranger courent plus de risques de se suicider que les autres. Le rapport indiquait aussi que les taux de suicide sont plus élevés chez les membres de l'armée de terre — le corps de l'armée qui est le plus souvent exposé à des combats terrestres.

Plus récemment — ce qui explique peut-être la déclaration du général Vance, mardi —, une enquête du quotidien Globe and Mail révélait la semaine dernière que 54 militaires et vétérans canadiens qui avaient été déployés en Afghanistan se sont par la suite enlevé la vie.

Le général Vance rappelle que la santé et le bien-être des membres des Forces armées canadiennes et de leur famille constituent sa priorité.

«Nous disposons déjà d'un vaste programme de prévention du suicide, soutenu par des employés compatissants et très compétents, mais c'est clair que nous devons continuer à l'améliorer», écrit-il.

Le chef d'état-major demande aussi aux militaires de consulter s'ils en ont besoin. «Si vous ou une connaissance avez besoin d'aide, allez chercher cette aide dès maintenant. Rendez-vous à la clinique des services de santé des Forces armées canadiennes ou au centre de soins de santé d'urgence civil le plus près. «Vous avez le soutien de tous les échelons de direction des Forces armées canadiennes, y compris le mien. Vous n'êtes pas seuls.»

Le rapport de juin dernier se penchait sur les cas de suicide au sein des Forces armées observés entre 1995 et 2014. Le médecin général de l'armée avait observé une tendance pendant la dernière décennie — période au cours de laquelle les soldats canadiens ont précisément été déployés en Afghanistan, de 2001 à 2014.

«Alors que les recherches antérieures des Forces armées canadiennes n’ont jamais établi de corrélation entre le fait d’avoir participé à un déploiement et le suicide, on observe dans les plus récents résultats une tendance de ratios de taux de suicide élevés, au cours des 10 dernières années, chez les militaires qui ont déjà fait l’objet d’un déploiement comparativement à ceux qui n’ont jamais participé à un déploiement», concluait le médecin général.