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10/11/2015 05:42 EST | Actualisé 10/11/2016 05:12 EST

La Russie va proposer des mesures concrètes pour éviter la suspension de ses athlètes

Les autorités sportives russes vont "bientôt" soumettre à la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) des "mesures concrètes" afin d'éviter la suspension de ses athlètes demandée par l'Agence mondiale antidopage (AMA), mais un responsable russe a déjà refusé de suivre une de ses recommandations.

"La Fédération russe d'athlétisme va bientôt soumettre à l'IAAF un document fédéral qui inclut le programme antidopage de la fédération et les étapes concrètes de sa mise en oeuvre, qui ont d'ailleurs déjà été lancées", a déclaré la fédération russe dans un communiqué publié tard lundi soir.

"Nous sommes prêts à former un solide partenariat stratégique avec l'IAAF", a-t-elle précisé, ajoutant qu'"un véritable partenariat honnête serait beaucoup plus efficace que toute suspension ou isolement".

Néanmoins, son président en exercice, Vadim Zelitchenok, a d'emblée refusé de suivre une des mesures recommandées par l'AMA: celle demandant à la fédération russe de ne plus présenter d'athlètes aux compétitions.

"Nous sommes surpris par cette recommandation et bien sûr, nous n'allons pas la suivre", a-t-il déclaré selon l'agence de presse russe Interfax.

Le président de l'IAAF Sebastian Coe a posé à la Russie un ultimatum: elle a jusqu'à la fin de la semaine pour répondre aux accusations de l'AMA, qui a publié lundi un rapport clouant au pilori la Russie, son gouvernement et ses athlètes pour "dopage organisé".

Si la Russie ne fournit pas de réponse satisfaisante, elle risque une suspension provisoire par l'IAAF, conformément aux recommandations de l'AMA qui a exigé la suspension de la Russie de toute compétition en athlétisme, dont les JO-2016 de Rio.

Le ministère russe des Sports a également promis d'"étudier attentivement toutes les conclusions et preuves" apportées par le rapport de l'AMA et rappelé qu'il n'avait pas attendu ce rapport pour réformer le secteur sportif russe.

"Il faut remarquer que l'enquête diffère des informations données par des journalistes" de la chaîne de télévision allemande ARD, qui avait diffusé en décembre des témoignages d'athlètes russes dopés, a souligné le ministère dans un communiqué.

"Nous demandons à l'AMA de se fonder sur des faits et des preuves", a-t-il demandé.

Le ministère affirme également que "de nombreuses recommandations (du rapport) ne (le) surprennent pas" et que certaines d'entre elles avaient déjà été mises en oeuvre.

"Nous sommes pleinement conscients des problèmes au sein de la Fédération russe d'athlétisme et nous avons tout fait pour y remédier: la fédération a une nouvelle direction, un nouvel entraîneur national, les entraîneurs sont plus jeunes", justifie le ministère.

Le ministre russe des Sports, Vitali Moutko, avait appelé lundi soir à ne pas isoler la Russie. "Lorsqu'on parle du dopage et d'un pays comme la Russie, on n'avance pas en isolant, en disqualifiant ce sport".

L'ancien président de l'Agence russe antidopage, Nikolaï Dourmanov, a estimé que le rapport où il est également mis en cause était du "pipeau complet", selon des propos cité par l'agence de presse RIA Novosti.

Ces "accusations sans précédent" sont "le plus grand scandale de l'histoire du sport" en Russie, juge de son côté le quotidien Vedomosti.

"La menace pesant sur les JO de Rio est réelle", ajoute-t-il, rappelant que l'athlétisme est l'une des catégories sportives où la Russie remporte son plus grand nombre de médailles lors des compétitions.

"Ces derniers temps, le recours aux sanctions est devenu l'occupation favorite des hommes politiques occidentaux", affirme pour sa part le journal officiel Rossiskaïa Gazeta. "Pourquoi une telle hâte (à punir)?", s'interroge-t-il.

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