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10/11/2015 02:31 EST | Actualisé 10/11/2016 00:12 EST

Fifa - Infantino fait acte de loyauté envers Platini

Gianni Infantino a mis pour la première fois les choses au clair: le secrétaire général de l'UEFA a assuré mardi qu'il retirerait sa candidature à la présidentielle de la Fifa si Michel Platini, suspendu 90 jours, était finalement autorisé à se présenter.

"S'il peut se présenter, je me retirerai. C'est un simple principe de loyauté", assure Infantino dans un entretien à la Gazetta dello Sport mardi.

Est-ce enfin une bonne nouvelle pour Platini? Totalement isolé et dans l'incapacité de mener campagne en raison de sa mise à l'écart pour un versement controversé de 1,8 million d'euros de la part de Joseph Blatter en 2011, le Français avait vu son bras droit entrer dans la course à la succession du Suisse, le 26 octobre.

Ce geste avait été assimilé à l'époque à un lâchage en règle et un coup de poignard dans le dos de la part d'une institution qu'il dirige depuis 2007. Mais dans son entretien à la Gazetta dello Sport, le N.2 de l'UEFA ouvre explicitement la porte à un désistement si les affaires de Platini finissaient par s'arranger.

"Platini est mon président et je travaille avec lui depuis neuf ans, déclare l'Italo-Suisse de 45 ans. Il est clair que j'ai son soutien, sinon je ne me serais pas présenté. Et il y a une autre chose qui doit être encore plus claire: ma candidature n'est pas une candidature contre Michel (...) Mais aujourd'hui je suis candidat à 100% et je vais de l'avant: pas seulement pour l'Europe mais pour le football mondial".

Le changement de ton est manifeste alors que ni lui ni l'UEFA n'avaient cru bon de mentionner le nom de Michel Platini dans leurs communiqués respectifs, le 26 octobre. Mais Infantino, qui n'a qu'une chance infime de l'emporter s'il décidait de se maintenir, agit en homme politique, soucieux de ménager l'avenir.

Sa sortie est en tout cas bienvenue pour le clan Platini puisqu'elle s'inscrit dans la droite ligne des déclarations du tout-puissant Cheikh Ahmad al-Fahad al-Sabah, considéré comme un faiseur de rois dans les grandes institutions sportives internationales.

- 'Beaucoup se retireraient' -

Le Koweïtien, membre du comité exécutif de la Fifa et patron de l'Association des comités olympiques nationaux (Anoc), a en effet récemment affirmé que le Cheikh bahreïni Salman ben Ibrahim al Khalifa, président de la Confédération asiatique de football (AFC) et soutien de Platini jusqu'à sa suspension, s'effacerait si l'ex-N.10 de l'équipe de France était finalement blanchi.

"Je crois que beaucoup de candidats se retireraient", a-il estimé le 29 octobre au site internet insidethegames.

"Je soutenais Michel (Platini), je le soutiens toujours. Je sais pertinemment qu'il est innocent mais je ne sais pas comment vont se passer les procédures (appels notamment, ndlr) ensuite. Si Michel Platini peut mener sa campagne, nous le soutiendrons", avait-il ajouté.

Infantino maintient toutefois une petite ambigüité et a tenu à se démarquer de son patron à l'UEFA concernant son programme.

"Il y a beaucoup de points communs, sur le développement ou les réformes, mais je suis Infantino et Platini est Platini. C'est mon programme. Les priorités sont les mêmes mais il y aura quelques différences", a-t-il expliqué.

Infantino a beau jeu de laisser toutes les portes ouvertes. Car la candidature de Platini ne sera examinée par la commission électorale de la Fifa qu'à l'expiration de sa suspension, le 5 janvier. Mais l'ancien triple Ballon d'Or espère que la commission de recours de la Fifa, saisie en appel, se prononcera définitivement sur son cas d'ici-là.

En attendant l'examen de leurs dossiers par la commission électorale, sept candidats sont en lice pour l'élection à la présidence de la Fifa prévue le 26 février: Michel Platini, Gianni Infantino, le cheikh Salman, le Sud-Africain Tokyo Sexwale, le prince jordanien Ali, le Français Jérôme Champagne et le Libérien Musa Bility.

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