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10/11/2015 02:01 EST | Actualisé 10/11/2016 00:12 EST

Elections en Birmanie: les prochaines étapes

Quand le nouveau Parlement entrera-t-il en fonction en Birmanie? Qui élira le président du pays? Comment l'opposante Aung San Suu Kyi pourra-t-elle s'imposer face à des militaires encore puissants? Voici un guide des prochaines étapes:

Quand le nouveau Parlement entrera-t-il en fonction?

Bizarrement, le nouveau Parlement ne prendra ses fonctions que début 2016, sans doute en février ou mars.

Pour l'heure, dès lundi, l'opposante Aung San Suu Kyi et ses collègues du Parlement sortant, élus en 2012 à l'occasion de législatives partielles, reprendront la route de l'Assemblée...

Les anciens députés vont siéger jusqu'au 30 janvier, dans une ambiance étrange, avec seulement 44 députés de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) face aux 331 députés de l'USDP, parti créé par la junte en 2010, un an avant l'autodissolution du régime.

Aung San Suu Kyi se retrouvera donc dans la situation ubuesque de devoir siéger pendant de longues semaines, à voter sur des lois proposées par le pouvoir sortant.

Sa nouvelle majorité (qui devrait être confirmée par des résultats encore en cours de décompte) sera donc seulement sur le papier dans un premier temps.

Qui élira le président?

Une fois en place, sans doute en février ou mars, le nouveau Parlement sera chargé d'élire le président.

"En 2010, ce processus a pris trois mois après le jour de l'élection. Il est possible que le processus prenne une période similaire voire plus longue en 2015, ce qui veut dire qu'il n'y aura pas de président élu avant début ou mi-2016", selon l'International Foundation for Electoral systems (IFES).

D'après la Constitution de 2008 héritée de la junte, pour l'élection du président, le Parlement votera en trois groupes: les députés élus de la chambre haute, les députés élus de la chambre basse, et enfin les députés militaires non élus (25%).

Chaque groupe pourra proposer son candidat. Le vote a ensuite lieu lors d'une session conjointe.

Aung San Suu Kyi ne pourra pas se présenter en raison d'un article de la Constitution qui bloque l'accès à ses fonctions pour les personnes ayant des enfants de nationalité étrangère, mais elle a déjà annoncé qu'elle avait "un plan" et serait elle-même "au-dessus du président".

Quelle sera la marche de manoeuvre de Suu Kyi?

Même avec une majorité absolue au sein du Parlement, la LND n'aura pas la main sur certains ministères clés. Ainsi, le ministre de la Défense et celui de l'Intérieur resteront directement nommés par le chef de l'armée.

Restent à Aung San Suu Kyi des marges de manoeuvre dans les domaines de la diplomatie, de la santé ou de l'éducation, des secteurs en ruine après des décennies de dictature militaire, des domaines négligés malgré l'ouverture du pays depuis quatre ans.

Par ailleurs, toute modification de la Constitution nécessite l'approbation de plus de 75% des Parlementaires, ce qui permet à l'armée de bénéficier d'un droit de veto de fait puisqu'un quart des députés restent des militaires non élus.

Sans leur assentiment, la Constitution ne peut être modifiée, et Aung San Suu Kyi ne deviendra jamais présidente.

D'autant que dans l'organigramme du pouvoir, l'organe le plus important reste le Conseil de défense et de sécurité nationale, dominé par les militaires.

tib/dth/pt