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10/11/2015 03:36 EST | Actualisé 10/11/2016 00:12 EST

COP21: des entreprises veulent une déclaration des chefs d'Etat sur le prix du carbone (PDG d'Engie)

De grands groupes industriels souhaitent voir les chefs d'Etat se prononcer lors de la conférence de l'ONU sur le climat en faveur d'un prix au carbone plus généralisé que les quelques mécanismes locaux existant actuellement, a affirmé mardi le PDG du groupe énergétique français Engie, Gérard Mestrallet.

"Les entreprises demandent qu'il y ait à l'occasion de la COP21 une déclaration des chefs d'Etat à Paris en faveur de l'extension d'un +signal carbone+", a-t-il déclaré à l'issue d'une rencontre entre le président François Hollande et plusieurs chefs d'entreprises, comme ceux du groupe chimique belge Solvay ou le géant du gaz industriel Air Liquide.

Le fait de donner un prix au carbone ne fait pas partie de l'accord en cours de négociations entre 195 pays pour lutter contre le réchauffement climatique et qui pourrait être signé à Paris à l'issue de la conférence internationale sur le climat (30 novembre-11 décembre).

Donner un prix au carbone, à travers une taxe, une redevance ou un marché d'échanges des droits à polluer est "la façon pour les entreprises d'intégrer cette dimension climatique dans leur propre processus d'investissement", a ajouté M. Mestrallet.

Un tel mécanisme permet de renchérir le coût des activités polluantes et donc de réorienter les investissements vers des technologies bas carbone, comme les énergies vertes.

Actuellement, une quarantaine d'Etats et 23 villes ont déjà mis en place un système de prix du carbone, ou s'apprêtent à le faire, selon la Banque mondiale. C'est le cas par exemple de la Californie, de certaines provinces chinoises, ou de l'Union européenne.

Mais certaines activités et sources d'émissions de gaz à effet de serre en sont exclues. Par exemple, en Europe le système ne couvre que 45% des émissions.

"Il faudrait que la part des activités mondiales couvertes par le prix du carbone s'étende et qu'un mécanisme de mesure soit identique et qu'il puisse y avoir à terme une certaine convergence mondiale", juge le PDG d'Engie (ex-GDF Suez).

Plusieurs organisations internationales, comme le Fonds monétaire international (FMI), l'OCDE et des dirigeants de plusieurs pays, dont la France, se sont également prononcés en faveur d'un prix du carbone.

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