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09/11/2015 05:44 EST | Actualisé 09/11/2016 00:12 EST

Pologne: Une personnalité controversée dirigera le ministère de la Défense

La prochaine Première ministre polonaise Beata Szydlo a présenté lundi la composition de son cabinet, annonçant qu'une personnalité controversée, Antoni Macierewicz, 67 ans, prendrait la direction du ministère de la Défense.

Le chef du parti conservateur Droit et Justice (PiS), Jaroslaw Kaczynski, ne fait pas partie du cabinet, mais devrait exercer une influence prépondérante sur sa politique.

Le gouvernement de Mme Szydlo devrait obtenir sans difficulté l'appui du parlement, où Droit et Justice dispose d'une majorité absolue.

Ancien opposant anticommuniste, M. Macierewicz, alors ministre de l'Intérieur, avait publié au début des années 90 une liste d'anciens collaborateurs de la police secrète, dont des grands noms du monde politique. En 2006, il a conduit une purge au sein du renseignement militaire, à laquelle ses critiques imputent un affaiblissement considérable de ce service. Mais surtout, après le crash de l'avion du président Lech Kaczynski en 2010 à Smolensk en Russie, il formule la thèse d'un attentat fomenté par Moscou avec la complicité du gouvernement libéral polonais de Donald Tusk.

Comme pour couper court à toute spéculation à ce sujet, M. Kaczynski a déclaré lundi, lors de la conférence de presse donnée avec Mme Szydlo, que la catastrophe de Smolensk ferait l'objet uniquement d'une enquête judiciaire. "Aucune institution extraordinaire, aucune commission internationale, à moins que quelqu'un à l'étranger ne le réclame, mais une enquête ordinaire", a-t-il dit.

Parmi les autres membres du cabinet de M. Szydlo, avant même sa formation, trois autres personnalités ont suscité des commentaires négatifs dans les médias polonais.

Le diplomate Witold Waszczykowski, ancien représentant de la Pologne à l'Otan, doit prendre le portefeuille des Affaires étrangères. Critique virulent de la politique étrangère du gouvernement sortant, il a flétri, dans une interview récente, l'alignement sur Berlin pratiqué, selon lui, par Varsovie. Il y prône une plus grande fermeté dans les rapports avec Bruxelles pour y "défendre les intérêts nationaux" polonais et un resserrement de l'alliance régionale du groupe de Visegrad, avec la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie.

Le futur ministre de la Justice, Zbigniew Ziobro, a déjà occupé ce poste entre 2005 et 2007, dans les gouvernements PiS. A cette époque, il avait été accusé d'intervenir dans les activités du parquet concernant des hommes politiques, pour favoriser son parti. Mais ses adversaires n'ont pas réussi à rassembler une majorité au parlement pour l'envoyer devant le Tribunal d'Etat.

De même, l'ancien chef de la police anticorruption (CBA) Mariusz Kaminski, doit devenir coordinateur des services spéciaux. Cette désignation suscite des critiques, dans la mesure où il avait été condamné en mars dernier à trois ans de prison et dix ans d'interdiction de fonction publique, pour avoir outrepassé ses compétences en montant une provocation policière visant des hommes politiques soupçonnés de corruption. Mais ses avocats ont annoncé qu'ils allaient faire appel et la condamnation n'est pas définitive.

Parmi les autres candidats ministériels de premier plan, l'économiste eurosceptique Mateusz Morawiecki devient vice-Premier ministre et ministre du Développement (ex-Economie) et le juriste Pawel Szalamacha celui des Finances.

via/mrm/lpt