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09/11/2015 03:54 EST | Actualisé 09/11/2016 00:12 EST

Le réchauffement climatique menacerait la souveraineté alimentaire

La Fondation David Suzuki craint que les changements climatiques ne menacent la souveraineté alimentaire du Québec. Dans un rapport publié lundi matin, l'organisation s'inquiète que des spéculateurs accaparent les terres agricoles de la province, dont la valeur pourrait grimper avec un accroissement de la saison de production provoqué par le réchauffement de la planète.

À l'échelle mondiale, les changements climatiques devraient entraîner une raréfaction des terres agricoles, notamment en raison de sécheresses, note le rapport de la Fondation. Le Québec serait cependant moins touché que d'autres régions de la planète. Avec de l'eau en abondance et une augmentation de la température moyenne, les terres de la province pourraient en fait devenir l'objet de convoitises.

« La saison où on peut cultiver la terre va s'allonger. Nos terres vont devenir plus productives », indique Karel Mayrand, le directeur général de la Fondation pour le Québec. « Si je suis un investisseur aujourd'hui, que j'ai un écran radar pour l'avenir et que je me dis: "dans 20 ans, dans 25 ans, où est-ce que je devrais me procurer des terres?", le Québec devient très très intéressant. »

Selon M. Mayrand, l'achat de terres agricoles par des spéculateurs et des investisseurs étrangers pourrait menacer la souveraineté alimentaire du Québec. « On pourrait se retrouver dans une situation complètement absurde où on aurait des terres parmi les meilleures dans le monde, mais [qui] serviraient à nourrir le reste de la planète avant nous », avance-t-il. 

Pour empêcher ce scénario, la Fondation David Suzuki demande au gouvernement de mettre sur pied une société d'État qui pourrait acheter des terres mises en vente avant les groupes financiers, avant de les remettre sur le marché, en ayant une préférence pour des producteurs québécois.

Le secteur agricole représente près de 10 % du produit intérieur brut du Québec et plus d'un emploi sur dix.

Avec les informations d'Olivier Bachand