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09/11/2015 13:06 EST | Actualisé 09/11/2016 00:12 EST

Le Kosovo ne réussit pas à intégrer l'Unesco

PARIS — Les membres de l'Unesco ont rejeté de justesse, lundi, la candidature du Kosovo, ce qui constitue une victoire pour la Serbie et la Russie mais une mauvaise nouvelle pour les tentatives du petit État à obtenir sa reconnaissance internationale.

Une majorité simple de nations qui ont participé au vote de lundi, à Paris, ont appuyé l'inclusion du Kosovo, dont le Canada — avec 92 Oui, 50 Non et 29 abstentions. Mais l'admission d'un nouveau membre requiert l'appui des deux tiers des membres votants — soit plus de 94 voix —, a précisé Stanley Mutumba Simataa, diplomate namibien qui présidait au vote.

À Pristina, la présidente du Kosovo, Atifete Jahjaga, s'est dite déçue de la décision de l'Unesco, mais elle a promis de redoubler d'ardeur pour que son pays devienne «un membre à part entière de la communauté internationale». Elle a déploré que cette décision de l'Unesco contredise ses propres valeurs d'inclusion et de promotion de la coopération entre les peuples.

À Belgrade, par contre, le ministre des Affaires étrangères, Ivica Dacic, s'est réjoui de cette décision, qui reflète selon lui la détermination de la Serbie de ne jamais laisser partir le Kosovo.

L'État du Kosovo a été reconnu par 111 pays depuis qu'il a déclaré son indépendance de la Serbie en 2008. La Russie, qui avait soutenu la Serbie dans la guerre de sécession de 1998-1999, a depuis joué de son veto au Conseil de sécurité afin d'empêcher le Kosovo de faire son entrée aux Nations unies. Le Kosovo a entretemps obtenu un siège à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international.

Le petit État, dirigé par un gouvernement à majorité albanaise, avait promis que s'il devenait membre de l'Unesco, il protégerait son patrimoine culturel serbe, en dépit des tensions qui perdurent depuis la guerre. La Serbie, de son côté, prévenait que l'inclusion du Kosovo à l'Unesco alimenterait ces tensions et menacerait le fragile dialogue entre les deux peuples.

La délégation américaine appuyait l'entrée du Kosovo mais Washington ne dispose plus d'un droit de vote à cause de son refus de verser sa contribution à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture. L'Espagne, qui doit composer avec le séparatisme en Catalogne, a voté contre. L'Ukraine, en conflit armé avec son puissant voisin, la Russie, s'est abstenue.